L’histoire des Roms et des gens du voyage bientôt enseignée dans les écoles

Rom, en langue romani, veut dire “homme accompli“. Un mot choisi par les Roms eux-mêmes lors de leur premier Congrès mondial organisé près de Londres le 8 avril 1971, il y a juste cinquante ans.

Pour marquer cet anniversaire ainsi que la Journée mondiale des Roms célébrée elle aussi le 8 avril, le Conseil de l’Europe organise cette semaine – de mardi à jeudi – trois jours de conférence en ligne où plus de 120 participants débattront en français, anglais et romani. Au cœur de leurs thématiques : l’inclusion des jeunes Roms ainsi que l’importance, pour y parvenir, de promouvoir l’enseignement de l’histoire de leur communauté venue d’Inde du Nord au fil des migrations du IXe siècle.

En 2020, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a adopté une Recommandation qui appelle pour la première fois ses 47 États membres à intégrer l’histoire des Roms et/ou des Gens du voyage dans les programmes scolaires et les matériels pédagogiques.

Constituant un outil efficace pour lutter contre la haine, la discrimination et les préjugés, ainsi que pour combattre la radicalisation, le négationnisme et le révisionnisme, cette Recommandation qui appelle à intégrer l’histoire des Roms et/ou des Gens du voyage dans les programmes scolaires vise à renforcer la compréhension du fait qu’ils font partie intégrante de la société, nationale et européenne.

La Recommandation souligne l’importance de l’enseignement de l’Holocauste commis par le régime nazi et ses alliés ainsi que des autres actes commis contre les Roms et les Gens du voyage à travers l’Europe. Elle appelle les gouvernements à intégrer dans le cadre de l’éducation formelle et non formelle des activités de commémoration de l’Holocauste des Roms, en relation avec le 2 août (Journée européenne de commémoration de l’Holocauste des Roms) ou avec une date mieux adaptée au contexte historique du pays concerné, par exemple lors de commémorations locales liées à l’emprisonnement ou à la déportation des Roms vers les camps de concentration.

Toutefois, l’évocation de ces sombres périodes de l’histoire devrait être complétée par l’enseignement d’épisodes historiques durant lesquels les Roms et/ou les Gens du voyage n’étaient pas des victimes. L’enseignement devrait par exemple faire référence à des récits positifs de l’histoire des Roms et/ou des Gens du voyage, tels que leur contribution à l’héritage culturel local, national et européen, et au rôle actif des Roms, Sintis et Yéniches dans les mouvements de résistance antinazis et antifascistes.

La Libre.be