Cuisine : Trois siècles de suprémacisme blanc et de racisme à travers la gastronomie

Dans son nouveau livre, «Voracisme», le journaliste Nicolas Kayser-Bril dénonce les discriminations, présentes aussi bien dans les supermarchés que dans les restaurants. Nicolas Kayser-Bril ­explique pourquoi et comment, après Bouffes bluffantes et Breuvages bluffants, il s’est attelé à raconter une histoire du ­racisme à travers celle de l’alimentation.

Comment vous est venue l’idée de retracer l’histoire du suprémacisme blanc et du racisme à travers celle de la gastronomie?

Quand j’ai travaillé sur Bouffes bluffantes, il y a trois ans, j’ai écrit un chapitre sur le sucre et j’ai compris que son histoire était consubstantielle à celle de l’esclavage, qui, elle, a tout à voir avec celle de la suprématie blanche. Ce qui est certain, c’est que la majeure partie des personnes déportées en tant qu’esclaves ont travaillé pour produire du sucre au XVIIIe siècle.

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Quand on lit les auteurs de l’époque, le lien entre esclavage et sucre était pour eux évident. Dans ­Candide de Voltaire, il y a la scène de l’esclave qui dit clairement «c’est à ce prix-là que vous mangez du sucre en Europe». Montesquieu aussi fait le lien. […]

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