Lille (59): Gaelle A., 19 ans, 45 kilos… dont un de cocaïne dans son estomac

La jeune femme a été arrêtée le 11 septembre à la descente d’un TGV qui venait de Paris.

Une jeune Guyannaise de 19 ans était jugée jeudi dernier en comparution immédiate pour transport de drogue après avoir été arrêtée à la gare Lille Europe. Elle avait de la cocaïne plein l’estomac mais aussi dans son sac à main et dans la semelle de ses chaussures.

Au mois de juin, Gaelle A. a quitté la Guyane pour venir s’installer à Roubaix. À 19 ans, elle s’est inscrite à la mission locale, a trouvé un emploi en alternance, en région parisienne. Elle envoie la majeure partie de son salaire de vendeuse à sa mère qui élève deux jeunes frère et sœur. Son père est mort, il y a deux ans, et depuis sa famille compte sur elle : « Ma grande sœur est handicapée et mon grand frère ne fait rien. »


Au mois de juin, Gaelle A. a quitté la Guyane pour venir s’installer à Roubaix. À 19 ans, elle s’est inscrite à la mission locale, a trouvé un emploi en alternance, en région parisienne. Elle envoie la majeure partie de son salaire de vendeuse à sa mère qui élève deux jeunes frère et sœur. Son père est mort, il y a deux ans, et depuis sa famille compte sur elle : « Ma grande sœur est handicapée et mon grand frère ne fait rien. »

Au tribunal de Lille, Gaelle déroule sa vie d’une voix douce et résignée. Elle raconte de la même façon qu’il y a quinze jours, elle est repartie en Guyane « pour voir un peu la famille ».

Un ami de son père lui a proposé de transporter de la drogue contre la promesse de 5 000 euros. D’abord elle a refusé. Habilement, il lui a glissé dans la main quelques billets et puis d’autres le lendemain, 500 euros en tout, qu’elle a donnés à sa mère et que l’homme viendra lui réclamer lorsqu’elle refuse à nouveau le rôle de mule.

Pression et manipulation

« Il m’a parlé de mon père, il m’a tourné la tête », répondra-t-elle tristement quand la présidente Leslie Jodeau l’interroge. Plus tard, Me Isabelle Henocque en défense insistera sur « la pression et la manipulation affective atroce » exercée par le commanditaire.

Gaelle A. a fini par accepter. Elle a avalé quatre-vingt capsules de cocaïne et peut-être un peu plus. « Comme ça passait bien, l’homme m’en a donné d’autres. » On se demande comment, son corps est minuscule.

Gaelle A. ne réussira pas à tout garder pendant le voyage. Quand les policiers ferroviaires la contrôlent à la gare Lille Europe, ils trouvent une quarantaine de capsules dans son sac à main. Elle sera hospitalisée pour évacuer le reste. Elle a avalé plus d’un kilo de cocaïne.

Elle porte aussi de drôles de chaussures et sa démarche hésitante intriguera les policiers. Les semelles sont pleines de drogue. Elle dira au tribunal qu’elle l’ignorait.

Petit maillon mais trafic important

Gaelle A. n’a jamais été condamnée mais la procureure Marie Charlotte Fioro considère que la jeune femme savait qu’elle transportait un produit interdit. « On me dira qu’elle n’est que le petit maillon d’une chaîne mais même à son niveau, elle alimente un trafic important. » La magistrate requiert deux ans d’emprisonnement.

Me Henocque en défense s’élèvera contre une incarcération « qui n’a pas de sens ». L’avocate suppose que l’homme a fait du chantage affectif par rapport au père.

Les juges l’entendront. Gaelle A. a été condamnée à deux ans de prison dont un avec sursis. Elle effectuera la partie ferme de la peine sous bracelet électronique.

La Voix du Nord