Littérature : Adama, un Guinéen réfugié à Limoges depuis trois ans, publie un premier roman quasi autobiographique

Arrivé à Limoges il y a trois ans, Adama Diané publie aux éditions du Lys Bleu, « L’énigme du mal ». Un premier roman quasiment autobiographique

Adama Diané est un réfugié politique. En 2016 [ou 2005, ou 2015] il a été contraint de quitter la Guinée, suite à une interview accordée sur radio KanKan, à un opposant du Président Alpha Condé.

Menacé de mort, il a vu son atelier brûler par les forces de l’ordre. Arrivé à Limoges en 2018, un comité de soutien se constituer assez vite, pour lutter contre son expulsion.

« C’est une ville créative ou j’apprends tous les jours » confie-t-il.

Verbatim:

«Quand quelqu’un demande la protection, ça dépend de sa volonté personnelle, et mais lorsque ça devient exagéré et contraignante, c’est pas une demande d’asile c’est un kidnapping encore. Mais là lorsqu’on est sans voix et là devant un ensemble de mafias qui se manigancent, et là c’est difficile à expliquer. C’est difficile.»



«[Le français] est la langue que j’ai étudiée à l’université du primaire jusqu’à l’université. C’est ma langue d’écriture, et là c’est parfaitement c’est ce que je peux livrer mes desideratas profonds, ce qui est vraiment en moi, mon cri de cœur.»

Il passe ses journées à écrire

Passionné de littérature, Adama Diané passe ses journées à écrire.
Il a notamment mis ses compétences de chroniqueur au service de Marsa Publications. Fondée par l’éditrice Marie Virolle, ethnologue, spécialiste des cultures du Maghreb, ancienne chercheuse au CNRS, elle co-dirige aujourd’hui avec Laurent Doucet cette maison d’édition basée à Rilhac-Rancon.

Adama explique son choix de venir à Limoges, comme d’autres journalistes «dont la France a examiné leur situation en leur normalisant

Avec ce premier roman L’énigme du mal l’auteur Guinéen passe un cap. Au moment où se formait sa personnalité, M’bemba le héros du livre a vécu de douloureuses épreuves qui n’ont pas manqué de faire de lui un adolescent révolté. Il vit très mal le divorce de ses parents.

N’ayant plus aucun autre lien que leurs enfants, ils décident de se séparer formellement, bien qu’ils s’étaient promis de vivre ensemble jusqu’à la mort. M’Bemba s’installe alors avec sa mère dans une banlieue de Deux-rives, ce qui ne l’épargne pas des péripéties lugubres.

M’Bemba le héros et sa maman reçoivent la visite de la «Gestapo»

À l’instar d’Adama, M’Bemba et sa maman reçoivent un soir, la visite d’un groupe de malfrats qu’il qualifie de « Gestapo », il quitte la ville, bien décidé à faire quelque chose de sa vie.

Pour atteindre l’Europe, il passe par l’enfer. Kidnapping, travaux non rémunérés, punitions inhumaines et misère rythment son quotidien. Lorsqu’un mouvement de vagues fend la nacelle déjà abîmée qu’il emprunte pour la grande traversée, occasionnant ainsi un tragique naufrage.

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