Littérature : « Quand L’Orient apostrophe Lorient », Omar Taleb, médecin et musicien, rend hommage à la part orientale de sa ville

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Paru mi décembre, le livre nous entraîne d’une rive à l’autre de la Méditerranée au fil d’histoires de vie, de littérature et de calligraphie, de gastronomie ou de maritimité. Et d’une série de photographies, « scènes de vie du monde oriental », réalisées par Delphine Alexandre et Omar Taleb. Musicien et médecin, il a dirigé le secteur ORL de l’hôpital de Lorient. En Retraite, il continue à présider les Lorientales.[…]

« Cette idée de rassembler ces témoignages est née de la création des Lorientales il y a dix ans, confie Omar Taleb. Je souhaitais un livre anniversaire étayé de témoignages d’histoires vécues en lien avec Lorient, comme un passeport pouvant ouvrir d’autres portes, d’autres frontières et contenant une part de l’histoire de la ville. »

Georges, Mohammed, Gisèle, Hafida, Myriam ou Rachida… Ils viennent d’Algérie ou de Tunisie et témoignent de leurs parcours, de moments heureux ou difficiles, de leur vie lorientaise. Retour dans le temps avec le commerce du café – de la ville de Moka –, mais aussi du vin d’Algérie introduit en 1904 et servi dans les débits de boissons de la rue Poissonnière. Sans oublier celui des fruits et légumes – dont l’orange et son histoire depuis 1890 et les mûrisseries de bananes… ici même, à Lorient autour des années 30.

Car si cet ouvrage « nous emporte dans un voyage multiculturel, souligne Christophe Cérino, historien maritime, nous invitant à en aborder la richesse de ses croisements artistiques », il est aussi fort bien documenté. De Maghnia, ville natale d’Omar Taleb, à Lorient, des ports d’Alger ou de Constantine à celui de Kergroise, ce sont autant de tranches d’histoire traversant les époques et témoignant de ces sociétés maritimes entre Atlantique et Méditerranée. Saviez-vous, par exemple, qu’en 1953, le président tunisien Habib Bourguiba séjourna en exil sur l’île de Groix, « y laissant le souvenir d’un hôte aimable, proche des gens, liant et poli », se souvient Lucien Gourong.

Un chapitre sur les mots de Bretagne d’origine arabe vous étonnera, c’est certain ! À découvrir encore au fil des pages, les poèmes et calligraphies du peintre Mohammed Idali, le prix littéraire et les aquarelles de Catherine Fontaine en écho à la voix de Niroz Malek venue d’Alep ; ou encore les recettes aux saveurs d’Orient des cheffes et chers lorientais Jean-Paul Abadie, Nathalie Beauvais ou Pièr-Marie Le Moigno

Ouest-France