Lituanie : La construction d’une clôture anti-migrants à la frontière avec la Biélorussie s’achève

La Lituanie a annoncé lundi (29 août) avoir achevé la construction d’une barrière le long de sa frontière avec la Biélorussie, destinée à lutter contre l’immigration clandestine. La barrière, sous forme d’une clôture de quatre mètres et de fils barbelés, s’étend sur environ 550 kilomètres d’une frontière commune d’environ 700 km.

« Dans toutes les sections, les travaux sont achevés à 100% », a déclaré aux journalistes la cheffe du gouvernement lituanien Ingrida Simonyte. Sur le reste de la frontière, qui traverse des marécages, des lacs et des rivières, il est « techniquement impossible » de construire une barrière physique, a-t-elle ajouté.

En Lituanie, l’immigration clandestine est montée en flèche cette année, avec environ 4.200 migrants – principalement originaires du Moyen-Orient et d’Afrique – qui ont réussi à passer la frontière en provenance de la Biélorussie. L’Occident a accusé le régime bélarusse d’orchestrer cet afflux avec son allié russe, dans le cadre d’une attaque « hybride », ce que Minsk dément.

La Lituanie observe une politique qui vise à refuser l’entrée des migrants, se faisant accuser d’appliquer des refoulements illégaux. En dépit de ces accusations, Mme Simonyte a déclaré que son pays allait poursuivre cette tactique controversée et étudierait les possibilités légales qui lui permettraient de la maintenir même sans imposer un état d’urgence. Toutefois, a-t-elle admis, ce serait un défi dans le contexte du droit international sur cette question.

« Nous aurons beaucoup de travail à faire dans ce domaine », a reconnu Mme Simonyte. Le nombre de migrants en situation irrégulière qui tentent de passer en Lituanie a de nouveau augmenté ces derniers temps. Samedi dernier, les gardes-frontières ont refusé d’entrée 125 migrants, soit le nombre le plus élevé depuis le début de l’année. Les gardes-frontières lituaniens accusent leurs homologues bélarusses d’aider les migrants à entrer en Lituanie.

Ils « participent activement à la détérioration de la clôture » fraîchement construite, a déclaré Rustamas Liubajevas, chef des gardes-frontières lituaniens. « Depuis le début de juillet, 95 cas de dommages ont été enregistrés », a-t-il précisé.

EURACTIV