L’ONU accusée de racisme après une enquête interne demandant à ses employés s’ils se considèrent comme « jaunes »

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L’enquête faisait partie d’une campagne visant à éradiquer le racisme. Les employés pouvaient également répondre « noir », « blanc », ou encore « mixte/multiracial ».

L’enfer est pavé de bonnes intentions. L’Organisation des Nations Unies (ONU) est accusée par certains de ses fonctionnaires de racisme après avoir envoyé une enquête demandant à ses milliers d’employés comment ils s’identifiaient, et avoir proposé « jaune » comme réponse, selon une information de Reuters publiée en milieu de semaine.

Parmi les autres choix possibles, les employés pouvaient également sélectionner « noir »« marron »« blanc », ou encore « mixte/multiracial ».

Cette enquête envoyée par mail mercredi 19 août faisait pourtant partie de la « campagne du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, pour éradiquer le racisme et promouvoir la dignité ».

« Une question insensée et choquante »

En effet, l’étude était accompagnée d’un message indiquant que « cette enquête fournira les données nécessaires pour comprendre l’ampleur du racisme au sein des Nations Unies »,précise « The Guardian », un quotidien anglais. « Nous ne sommes pas à l’abri du problème », pouvaient également lire les employés dans le mail.

« La première question est insensée et profondément choquante », a déclaré anonymement un membre du personnel de l’ONU, à l’agence de presse. « Il est difficile de comprendre comment dans une organisation aussi diversifiée que les Nations Unies, cette question a pu être approuvée et publiée dans une enquête à l’échelle du système », poursuit-il.

« Le terme jaune  pour désigner les personnes d’origine asiatique est une insulte. Il ne devrait pas être utilisé, point final », a martelé à Reuters, Erica Foldy, professeure agrégée à l’Université de New York. Comme le rappelle l’agence, ce terme reflète « une vision raciste occidentale historique des Asiatiques ».

Un employé de l’ONU sur trois victime de discrimination raciale

Depuis, le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a déclaré que l’enquête serait « mise hors ligne et révisée de manière appropriée en tenant compte des préoccupations légitimes » qui avaient été exprimées, rapporte Reuters. « Nous reconnaissons la nécessité de formuler ces catégories avec une plus grande sensibilité et prendrons des mesures immédiates pour remédier à cela », a indiqué Stéphane Dujarric.

En parallèle de cette campagne du Sécrétaire général, une enquête menée auprès de plus de 688 membres du personnel des Nations Unies à Genève, révèle que « plus d’un employé sur trois a personnellement été victime de discrimination raciale et/ou a été témoin de discrimination raciale sur le lieu de travail »selon l’agence de presse IPS. Et dans deux cas sur trois, le racisme est lié à la nationalité de la victime.

IPS évoque également une autre enquête réalisée cette fois-ci par le Syndicat du personnel des Nations Unies à New York, dont les résultats ne jouent pas non plus en faveur de l’organisation. Et pour cause, 59 % des personnes interrogées ont déclaré « qu’elles n’ont pas le sentiment que l’ONU s’attaque efficacement à la justice raciale sur le lieu de travail » et une personne sur deux affirme qu’elle « ne se sent pas à l’aise pour parler de discrimination raciale au travail ».

Le Nouvel Obs

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