Los Angeles : “Petit singe, négrillon…”, la présidente démocrate du Conseil municipal démissionne après ses propos racistes

La présidente du Conseil municipal de Los Angeles, Nury Martinez, a démissionné de son poste au lendemain de la diffusion de l’enregistrement d’une rencontre avec des collègues permettant de prendre la mesure des divisions raciales au sein de la ville la plus multi-ethnique des États-Unis et du racisme qui sévit parmi des élus démocrates qui se félicitent en public de leur tolérance et de leur progressisme.

Martinez a utilisé les mots espagnols negrito et changuito (petit singe) pour parler de l’enfant noir adopté par un conseiller municipal blanc en couple avec un homme. Un de ses collègues ajouté que ce conseiller portait l’enfant sur le côté comme s’il s’agissait d’un « sac Louis Vuitton ». Martinez a aussi employé des termes désobligeants pour décrire les migrants indigènes d’Oaxaca, État situé dans le sud du Mexique, qui vivent à Koreatown (I see a lot of little short dark people, a-t-elle dit en anglais).

Martinez a fait ces remarques lors d’une rencontre remontant à 2021 avec deux collègues hispaniques du Conseil municipal et le président d’un syndicat de Los Angeles, qui est également hispanique. L’enregistrement a été diffusé dimanche sur le site Reddit et retiré peu après que le Los Angeles Times en a fait état. On ne sait pas encore qui a réalisé l’enregistrement ou qui l’a publié.

Martinez et ses deux collègues du Conseil municipal ont d’abord présenté leurs excuses après la diffusion de l’enregistrement. La présidente du Conseil a mis ses propos racistes sur la colère et la frustration ressenties lors d’une discussion portant notamment sur la reconfiguration des circonscriptions municipales d’une ville où les Latinos représentent la moitié de la population mais seulement un tiers du Conseil.

Mike Bonin, dont l’enfant noir a été dénigré par les propos de Martinez, n’a pas accepté ses excuses. Dans une déclaration écrite, il a réclamé son remplacement.

Nous sommes consternés, en colère et absolument dégoûtés », a-t-il dit au nom de sa famille. « En tant que parents d’un enfant noir, nous condamnons l’intégralité de la conversation enregistrée, qui a montré un sentiment anti-Noir répété et vulgaire, et un effort coordonné pour affaiblir la représentation politique des Noirs à Los Angeles. La conversation a révélé plusieurs couches de mépris pour les habitants de Los Angeles, et un désir cynique et laid de diviser la ville plutôt que de la servir.

Martinez a fini par démissionner de son rôle de présidente du Conseil mais pas de son siège de conseillère.

« J’assume la responsabilité de ce que j’ai dit, et il n’y a pas d’excuses pour ces commentaires », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « En tant que mère, je sais ce qu’il faut faire et je suis désolée. J’ai vraiment honte. »

Cette histoire démontre que les républicains n’ont pas le monopole des propos racistes. La différence, c’est que les démocrates sont beaucoup moins nombreux à révéler en public leur pensée raciste. Et quand leurs propos privés deviennent publics, ils ont tendance à s’excuser et même à démissionner dans la honte.

Los Angeles Times