Louis Boyard, l’ignorant qui voulait être une star

Le jeune député LFI du Val-de-Marne apparait dans un clip de rap menaçant évoquant le “grand remplacement”, dans les paroles duquel le taux de natalité est qualifié d’”arme démographique”, où il est question de “fachos à saigner” et où l’on peut entendre “Je péterai l’champ’ à la mort du borgne, J’le péterai à la mort de sa fille, Je péterai le champ’ à la mort d’Maréchal”.

Il fut un temps où les jeunes rappeurs avaient du talent. Joey Starr rugit comme un lion précoce, et cofonda NTM à l’âge de 22 ans. Frère de Vincent Cassel au moins aussi talentueux, Mathias Cassel, alias Rockin’ Squat, se fit connaître avec le groupe Assassin vers l’âge de 20 ans.

Génération télé-réalité 

Louis Boyard, lui, n’a pas de talent. Mais Louis Boyard veut quand même être une star. Né en l’année 2000, un an avant la première saison de Loft Story, Louis Boyard est de celles-et-ceux qui ont été biberonnés à la télé-réalité, celles-et-ceux qui s’imaginent qu’il suffit de passer à la télé pour briller. 

Dans un monde sous le signe de la vertu et de l’humilité, Louis Boyard serait resté un parfait inconnu. Seulement, il y a deux ans, l’émission “Les Grandes Gueules” sur RMC et surtout “Touche pas à mon poste”, sur la chaîne C8, lui offrent l’occasion de prendre la parole.

De la Vendée à la télé

Dès lors, le jeune homme, qui n’est alors jamais sorti de Vendée, prend la route de la célébrité. Sous les auspices de C8 et Bolloré, Louis Boyard ose. Comme disait Lino Ventura dans « Les Tontons flingueurs », ceux qui osent tout, c’est à ça qu’on les reconnaît. 

Le problème, c’est que Louis Boyard n’a pas dû voir « Les Tontons flingueurs », alors, il ose encore. À l’étroit dans son costume de chroniqueur, le jeune Louis se présente l’année dernière à la députation sous les couleurs de LFI, et il est élu.

Du tiers-mondisme au rap 

Le 10 novembre, lors de l’affaire de l’Océan Viking, Cyril Hanouna invite sur son plateau le monstre qu’il a lui-même créé. Le député LFI, qui n’a sans doute jamais foutu les pieds de sa vie dans un pays du Tiers-Monde, ni en Amérique centrale, ni en Afrique, ni dans un pays communiste – et pas dans un hôtel de La Havane, dans la campagne cubaine, camarade ! – se fait le chantre du tiers-mondisme.

Récitant une série de lieux communs qui nous font regretter Frantz Fanon, le jeune Louis s’en prend alors au grand patron propriétaire de C8, qu’il accuse de déforester le Cameroun. Avec tout le tact qui le caractérise, Cyril Hanouna lui répond : « Arrête de te la raconter, j’m’en bats les couilles que tu sois élu, si t’es député, c’est grâce à nous ».

Du rap et des frites pour le jeune Louis

S’il avait un poil d’humilité, Louis Boyard serait alors retourné en Vendée, mais non, Louis continue d’oser. Aujourd’hui, il est à l’honneur d’un titre du rappeur Yanni. Dans un obscur clip nommé « Louis Boyard », où le rappeur évoque pêle-mêle drapeau algérien sur une mairie française, « fachos à saigner » et « Allah Akhbar », Louis Boyard apparaît tout guilleret devant un kebab frites. À défaut de savoir chanter, Louis Boyard fait de la figuration dans le clip d’un rappeur que personne ne connaît. Pourquoi fait-il ça ? Parce qu’il est bien moins con qu’il en a l’air. Déjà, l’avocat Gilbert Collard et Marion Maréchal s’indignent sur Twitter. C’est lui faire trop d’honneur, le jeune Louis sait très bien qu’il ne peut exister qu’en faisant du buzz médiatique.

Louis Boyard n’est qu’un symptôme de la décadence de la France : cette partie de la jeunesse qui baigne dans le confort, qui ne connaît rien à la vie mais qui passe son temps à pleurnicher sur son sort. Un jour petit Louis deviendra grand. Reste qu’à 22 ans, il serait temps.

Causeur