Lucky Luke fait face à la ségrégation raciale dans un nouvel album

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Dans «Un cow-boy dans le coton» (Lucky comics), Lucky Luke découvre la triste réalité d’une Louisiane où la ségrégation raciale est la norme.

Tout commence avec une lettre. Lucky Luke y apprend avec effroi qu’il est l’unique héritier d’une riche propriétaire de champs de coton de Louisiane. Perché sur son fidèle Jolly Jumper, le cow-boy aussi solitaire que désintéressé par l’argent, part alors en direction des états du Sud afin de léguer son héritage aux travailleurs de la propriété, qui sont d’anciens esclaves.

C’était compter sans les puissants de la région qui ne peuvent imaginer des Noirs à la tête d’une plantation. Parallèlement, les Dalton se sont encore échappés d’un pénitencier et souhaitent, eux aussi, la peau du nouveau propriétaire terrien. L’occasion pour Lucky Luke de faire équipe avec le shérif Bass Reeves, une vieille connaissance mais surtout un authentique personnage historique, ancien esclave noir devenu shérif et figure héroïque de l’Ouest américain.

Noirs, cajuns et Ku Klux Klan

Des thématiques dans l’air du temps ? «La résonance avec des questions brûlantes aujourd’hui est fortuite, mais pas la volonté d’offrir un récit commun et fédérateur sur cette question raciale, et de donner une visibilité et un rôle de premier plan à des personnages noirs dans une série patrimoniale», explique Jul («Silex and the city», «La planète des sages»…), scénariste pour la troisième fois de ces nouvelles aventures de Lucky Luke, après «La Terre promise» et «Un cow-boy à Paris».

Si Luke Luke avait déjà fait un rapide détour par La Nouvelle-Orléans dans l’album «En remontant le Mississippi», c’est bien la première fois que le héros se glisse dans l’univers de ces états du sud, entre plantations de coton, bayous, cajuns très pauvres, et surtout un racisme chevillé aux corps des planteurs blancs.«Lors de mon dernier séjour aux États-Unis, j’ai vu ce que pouvait être le racisme pur et dur, et ça m’a marqué. J’ai donc mis dans l’album tout ce que j’exècre le plus : la bêtise, la haine et la méchanceté gratuite», confie le dessinateur, Achdé.

Si l’ensemble de l’album évoque la triste histoire de ces régions entre ségrégation et héritage esclavagiste, l’esprit d’aventures et de gags de Lucky Luke est conservé, grâce notamment aux Dalton qui s’érigent presque en gentils face aux forces obscures qui habitent la Louisiane. Les fans de Lucky Luke seront par ailleurs rassurés face à leur héros du far-west qui réussit à rester droit et intègre, même si on le devine parfois prêt à perdre son sang-froid légendaire. A noter qu’on y croise également le Ku Klux Klan, ridiculisé avec une certaine délectation.

Un album qui plaira à toute la famille, donc.

CNews