L’UE veut lutter contre la concurrence déloyale des entreprises chinoises

L’Union européenne a proposé mercredi de s’octroyer de nouveaux pouvoirs pour limiter les incursions dans l’UE des entreprises étrangères soutenues par l’État, une réponse européenne à la montée en puissance de la Chine

Bruxelles est en passe de se doter d’un arsenal qui lui permettra de contrer les fonds injectés par des puissances étrangères sur son marché et dans ses entreprises. Depuis longtemps, certains États membres s’inquiètent en effet de la concurrence déloyale d’entreprises chinoises largement subventionnées par le régime communiste. 

Le montant des investissements non-européens dans l’UE en 2019 atteint 700 milliards d’euros. L’apport financier est considérable mais selon la Commission européenne ces investissements peuvent être faussés par certains avantages, si par exemple une entreprise étrangère est trop lourdement subventionnée, ce qui est susceptible de fausser le marché.

Or, autant les subventions accordées par les 27 pays de l’UE sont passées au crible, autant il n’existe aucun contrôle de l’UE sur les subventions des pays tiers. La Commission propose donc de se doter d’une capacité à examiner les marchés publics de plus de 250 millions d’euros ainsi que les concentrations ou acquisitions d’entreprises européennes si la contribution étrangère dépasse cinquante millions d’euros. La commission pourrait ainsi interdire certaines opérations ou imposer des restrictions.

Ce texte s’inscrit dans le cadre d’un durcissement de l’Europe vis-à-vis de Pékin, son deuxième partenaire commercial après les États-Unis, avec qui elle s’efforce de maintenir un équilibre économique et diplomatique.

Le texte ne vise pas officiellement à contrer un pays en particulier, mais des sources européennes conviennent que les préoccupations concernant la Chine sont au cœur de sa rédaction…

RTS