Lyon Croix-Rousse : le squat de jeunes migrants en passe d’être expulsé

Les collectifs de soutien aux jeunes migrants qui ont ouvert le squat en urgence en ont conscience. Il y a peu de chance pour que le tribunal administratif, ce 23 juillet, ne se prononce pas en faveur de l’expulsion du squat, dont ICF Habitat propriétaire des lieux, souhaite réhabiliter les lieux pour construire des logements sociaux. Une décision comprise par les collectifs, mais qui pose le problème du logement des jeunes réfugiés non reconnus mineurs à Lyon.

L’extérieur du bâtiment “Le Chemineur”, réhabilité par des collectifs citoyens pour accueillir les jeunes migrants. Capture d’écran Page Facebook « Le Chemineur »

L’extérieur a l’allure d’un bâtiment désaffecté sur lequel des banderoles flottent aux fenêtres. L’une d’entre elles revendique le droit de se loger. Illégalement occupé, ce lieu réhabilité depuis mi-juin et baptisé le « Chemineur », accueille « 40 jeunes mineurs qui ne sont pas reconnus par la Métropole à leur arrivée et qui sont en train de faire appel de cette décision devant le juge des Enfants », explique Sophie, membre du Collectif soutiens/migrants Croix-Rousse. « Pendant le recours, ces jeunes se retrouvent sans abri », ajoute-t-elle.

Un flou institutionnel et juridique car la Métropole, « ne prend en charge que les mineurs reconnus », et l’État, représenté par la Préfecture, n’a pas pour « mission la Protection de l’Enfance ». C’est à partir de ce constat que la Ville de Lyon a pris en charge 11 jeunes dans une résidence autonomie et 26 autres dans un bâtiment qu’elle met à disposition rue Paul Bert. « Parmi eux, un jeune, qui résidait à la résidence et trois autres rue Paul-Bert ont été reconnus mineurs par les juges. Nous attendons leur prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance », explique Sandrine Runel, adjointe au maire de Lyon déléguée aux Solidarités. Quarante autres jeunes sans papiers ont été mis à l’abri dans le bâtiment vide rue Denfert-Rochereau (4e arrondissement), réhabilité et baptisé « Le Chemineur »…[…].

L’arrivée de nouveaux jeunes continue

Parmi les 40 jeunes accueillis, Sekou (prénom modifié), 16 ans, a trouvé refuge dans ce lieu début juillet. Originaire de la Guinée Conakry, il est arrivé en France il y a un mois, environ. « Lorsque je suis arrivé, je ne connaissais personne. Avant d’intégrer le squat, j’ai dormi une nuit dehors. Les membres m’ont accueillis ici », affirme l’adolescent. « On est là pour attendre les documents. Parfois je me rends au Secours Populaire pour apprendre à lire et à écrire. Plus tard, je voudrais travailler dans le bâtiment », ajoute-t-il…[…].

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