Lyon : « Sale algérien », Mehdi, un jeune livreur, se fait dérober son vélo à 5.000 euros, il subit ensuite des insultes racistes de la part du voleur sur Snapchat

Dans la nuit du 24 février au 25 février, Mehdi (*), livreur à vélo de 19 ans, fait une pause dans le secteur des Halles Paul-Bocuse, cours Lafayette, à Lyon 3e. Il croise alors une connaissance, Hugo (*), qui lui présente un ami. « J’avais posé mon vélo contre un mur. Je parlais avec Hugo et l’autre en a profité pour partir avec le vélo », raconte Mehdi. Le VTT électrique de marque Giant coûte quelque 5000 euros. A cela s’ajoutent quelque 300 euros d’équipements. Mehdi, fan de vélo, avait mis tout son argent dans ce VTT.

Le mis en cause est mineur

Le jeune homme a très vite mené sa petite enquête et retrouvé le compte Snapchat du voleur, puis son identité. « J’ai porté plainte. Il est mineur. Il a 17 ans. Il ne s’est présenté à aucune des convocations des policiers. Comme la justice ne leur a pas donné les moyens d’aller le chercher, ils m’ont dit qu’ils allaient sûrement classer la plainte sans suite », dit Mehdi.

Selon la plainte que nous avons pu consulter, il a notamment fourni aux policiers une vidéo Snapchat du mineur qui filme le vélo volé, dans le hall de son immeuble. Lorsque Mehdi a vu que le jeune homme se vantait sur les réseaux sociaux de ne pas s’être rendu aux convocations de la police, il lui a envoyé un message. Et il lui a demandé de le rembourser.

« Oublie cette histoire de vélo électrique à 5.000 euros. Je ne vais jamais te payer », lance le mineur au milieu d’une pluie d’insultes. Mettant en avant « un sentiment d’injustice », dénonçant « le laxisme de la justice », Mehdi et sa famille ont décidé de rendre l’affaire publique sur les réseaux sociaux.

La vidéo postée le 3 juillet sur Twitter , qui rend compte des échanges Snapchat entre Mehdi et le voleur présumé, est consternante de bêtises, mais aussi de menaces et de racisme. « Je te mets des claques », « un coup de bouteille dans ton crâne » « sale algérien », dit notamment le mineur. « Les enquêteurs m‘ont dit que cela ne servait à rien de faire un complément de plainte vu que la plainte originelle allait être prochainement classée sans suite », soutient Mehdi. Il indique aussi qu’il a été menacé de mort par le mineur.

« Même si ce n’est qu’un vol de vélo, ça peut paraître rien, ça m’a énormément impacté », souligne-t-il. Sans ce moyen de locomotion, il n’a pas pu aller au bout de sa période d’essai alors qu’il venait de signer un CDI de livreur.

Selon la Direction départementale de la sécurité publique du Rhône, la plainte n’a pas été classée : « l’affaire est toujours en cours ».

Le Progrès