Madagascar : ils mangent une tortue intoxiquée, au moins 19 morts, dont neuf enfants

A cette période de l’année, la consommation de nombreuses espèces marines est déconseillée car elles se nourrissent d’algues toxiques.

Illustration. Chaque année, une cinquantaine de familles est intoxiquée après avoir mangé un animal marin à la saison chaude. LP/ Olivier Boitet 

Le bilan est lourd, très lourd. Au moins 19 personnes, dont neuf enfants, sont mortes à Madagascar d’une intoxication alimentaire après avoir consommé de la viande de tortue de mer, un animal protégé, a-t-on appris ce jeudi de sources concordantes.

Trente-quatre personnes ont été hospitalisées à Vatomandry, dans l’Est de l’île, depuis lundi, dont dix sont décédées, a annoncé l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire et alimentaire, sans préciser si des enfants se trouvaient parmi les morts.

Neuf autres enfants sont morts à leur domicile après avoir consommé de la chair de la même tortue, a précisé le gouverneur de la région. L’animal avait été ramené par un pêcheur local.

Des intoxications fréquentes

La consommation de tortues marines et de 24 autres espèces de poissons est fortement déconseillée par les autorités sanitaires de la Grande île pendant la saison chaude. Ces espèces se nourrissent d’algues qui, de novembre à mars, sont toxiques pour ceux qui en mangent la chair.

« Les tortues marines ne sont pas seulement en voie d’extinction et ne doivent ni être pêchées, ni vendues, ni consommées », rappelle Étienne Bemanaja, directeur général de la pêche et de l’aquaculture (DGPA).

Après ce drame, le DGPA annonce que « l’Etat prendra des mesures sévères contre la pêche, la vente et la consommation des tortues de mer ». Il appelle « les pêcheurs à ne pas mettre en vente libre sur le marché les autres produits marins dangereux ». À Vatomandry, où les enfants sont morts, des séances de sensibilisation et de contrôle sur les marchés locaux « sont menées par les services du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche », rassure-t-il.

Chaque année, sur les zones côtières de Madagascar, une cinquantaine de familles sont intoxiquées et régulièrement des morts sont à déplorer.

En janvier 2018, huit personnes étaient ainsi mortes d’intoxication dans le nord du pays, et huit autres le mois précédent.

Le Parisien