Mali : La vidéo d’un homme piétinant le coran déclenche une violente polémique, le procureur ouvre une enquête judiciaire

Apparue sur les réseaux sociaux fin octobre, une vidéo mettant en scène un homme dont l’identité reste inconnue, vraisemblablement un citoyen malien, montant pieds nus sur le Coran après avoir tenu des propos très virulents sur l’islam, a provoqué une vive polémique au Mali. Et un déferlement de colère.

S’exprimant en bamanakan, l’homme revendique être adepte du kémitisme, « la croyance des ancêtres (sic) », selon l’intéressé. Le culte, très peu représenté dans le pays est incarné au Mali par l’écrivain Doumbi Fakoly : celui-ci a été convoqué par les autorités afin qu’il les aide à retrouver le jeune homme incriminé, « avant que les musulmans » ne le trouvent.

Au Mali, une vidéo amateur largement partagée sur les réseaux sociaux, où on voit un homme marcher sur le coran, multipliant les injures et les propos désobligeants contre la communauté musulmane est dans le collimateur de la justice. Le  procureur général près de la Cour d’Appel de Bamako a annoncé dans un communiqué en date d’hier lundi  l’ouverture d’une enquête judiciaire contre l’auteur de  cette vidéo.  

Une vidéo présentant un individu avec des propos désobligeants et se livrant à des agissements  injurieux  contre le coran, le prophète Mohamed et l’islam, circule sur  les réseaux sociaux », indique le communiqué du parquet général, ajoutant que « ces propos et agissements sont consécutifs des manifestation contraire à la liberté  de conscience et du culte susceptible de dresser les citoyens, les uns contre les autres ».

Déplorant la gravité des  propos que les religieux qualifient de blasphème contre l’islam, le procureur a invité les populations à apporter leur concours aux autorités judiciaires compétentes à l’effet  de leur permettre d’identifier, localiser et interpeller l’auteur de ces  faits.  Lesquels, selon  le communiqué du procureur, sont prévus et punis  par l’article 58 de  la Loi n°2001-79 du 20 août 2001 portant code pénal en République du Mali et par les articles 55 et 56 de la loi n°2019-056 du 5  décembre 2019 pour sur la répression de la cybercriminalité.

Le haut conseil islamique

L’auteur de ces propos risque gros si l’on s’en tient aux dispositions de l’article 58 du code pénal Malin qui stipule que  « .., toute propagation de nouvelles tendant à porter atteinte à l’unité de la nation ou au crédit de l’État, toute manifestation contraire à la liberté de conscience et à la liberté de culte susceptible de dresser les citoyens les uns contre les autres, sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et facultativement de cinq à dix ans d’interdiction de séjour ».Le Haut Conseil Islamique et le Ministère des affaires religieuses et du culte ont condamné ces propos désobligeants tenus contre l’islam. Un appel à manifester ce vendredi sur la place mystique du Boulevard de l’indépendance.

Maliweb