Manche : les stands de tir dans le viseur des policiers

Les stands de tir sportif sont soumis à des contrôles réguliers depuis les attentats de 2015. À Donville-les-Bains (Manche), la pratique du tir est strictement encadrée.

Depuis 1949, les fines gâchettes du Granvillais ont rendez-vous à Donville-les-Bains. « Avant c’était plus « décontracté », sourit Marc Verret, le président du club de tir de l’Union sportive des mouettes donvillaises (USMD). Une table, quelques cibles et des carabines… Mais, aujourd’hui, pour nos 80 licenciés, nous avons deux stands de tir sportif. Un stand de tir à 10 m pour des armes à air comprimé, et un stand de tir à 25 m pour les armes de poing. »

C’est ce second stand, où les tireurs s’entraînent avec leurs propres armes, qui intéressent particulièrement Christian Hau. Ce policier est le « RAM » du commissariat de Granville, le Responsable armes et munitions. « Mon rôle est double : je m’occupe de la maintenance des armes du commissariat, mais je suis également affecté au contrôle des tireurs sportifs de la circonscription. »

Une surveillance accrue

« Depuis les attentats de novembre 2015, les contrôles dans les clubs de tir sportif ont été renforcés, explique le commandant Christophe Godet, du commissariat de Granville. Nous faisons des contrôles réguliers dans les stands avec vérification des permis de détention d’armes, des licences, du bon état des armes… »

Entre les clubs et les policiers, c’est presque un travail d’équipe. « Nous avons toujours dû avoir du flair, souligne Marc Verret. Sentir si une personne s’inscrit pour vraiment pratiquer le tir comme un sport et pas seulement pour avoir le droit de porter une arme. » Pour s’inscrire dans un club, il faut montrer patte blanche. « Nous avons un fichier qui nous permet de vérifier si une personne a ou non des antécédents judiciaires », explique Marc Verret.

C’est ensuite Christian Hau qui entre en scène. « Toute attribution de permis de détention d’armes à feu s’accompagne au préalable d’une enquête de police. On doit vérifier le casier judiciaire mais aussi rencontrer le demandeur pour lui rappeler les règles de prudence : entretenir ses armes, les ranger dans un coffre-fort… Si une personne a été condamnée il y a vingt ans pour une conduite en état d’ivresse et n’a plus jamais fait parler d’elle, on doit pouvoir doser qu’elle ne représente pas de danger. Et si le titulaire d’un permis a des problèmes avec la justice, son droit à détenir une arme lui est retiré. »

« L’arme est un sujet très sensible en France, souligne Christophe Godet. On le voit dans le cas des féminicides et des violences intrafamiliales, l’arme utilisée est souvent une arme personnelle. Mais il y a beaucoup plus de problèmes avec les armes de chasse qui sont, elles, encadrées différemment. »

Au club de Donville, tout est en règle. La quarantaine de licenciés en tir à 25 m connaît parfaitement ses devoirs. « Devenir tireur sportif, c’est un parcours du combattant, admet Christophe Godet. Il faut beaucoup de rigueur et accepter de nombreuses contraintes. » Mais pour les passionnés, le plaisir du tir parfait est, lui, sans limite.

Ouest-France

One thought on “Manche : les stands de tir dans le viseur des policiers

Commentaires fermés.