Manque de main d’œuvre : Pourquoi expulser les apprentis migrants que les employeurs veulent embaucher ?

On ne cesse de mettre en avant les difficultés de nombre d’entreprises à recruter. Celles-ci existent, même si le sujet mérite une approche plus complexe que la réponse “tout formation” que semble préconiser le ministre du travail.

Nombre d’emplois difficiles à pourvoir sont des postes à temps partiel induisant de fortes contraintes comme nous l’avons vu avec les conducteurs de bus scolaires. Et les études du Ministère du travail confirment que la question des conditions de travail est plus importante que celle de la formation.

Mais on doit avouer qu’on ne comprend pas pourquoi, alors que le ministre du Travail fait part de ses craintes que la difficulté à recruter soit un obstacle au développement économique, son collègue de l’intérieur accélère la délivrance d’OQTF, Obligation à Quitter le Territoire Français, de jeunes migrants qui viennent de terminer leur apprentissage alors que les patrons sont prêts à embaucher.”

Rappelons que ces jeunes ont pu, tout à fait légalement signer un contrat d’apprentissage quand ils étaient mineurs, qu’ils ont été incités à le faire par ceux qui les accompagnent, qu’ils se sont engagés dans des métiers en tension qui peinent à recruter, qu’ils ont donné satisfaction à leur employeur mais que ceux-ci ne peuvent pas concrétiser le contrat de travail qu’ils veulent leur proposer parce qu’ils sont devenus majeurs.

Alors que fait-on ? On continue à déplorer les difficultés de recrutement ou on accepte que des jeunes compétents, motivés puissent répondre aux attentes d’employeurs ?

Alternatives Economiques