Menaces, intimidations, outrances… Qu’est-ce que la Ligue de Défense Noire Africaine ?

Alors que la France déplore le décès de deux militaires, survenu le samedi 2 janvier 2021 au Mali, les activistes de la Ligue de Défense Noire Africaine affirment ne pas « regretter la mort » de ces soldats, les qualifiant de « terroristes militaires français ». Un groupuscule qui collectionne les excès depuis 2018.

La France est à nouveau endeuillée avec la mort de deux militaires de la force antidjihadiste française Barkhane au Mali le samedi 2 janvier 2021. Leur véhicule a été « l’objet d’une attaque à l’engin explosif improvisé lors d’une mission de renseignement » a précisé l’Élysée. Florence Parly, ministre des armées, rendra hommage ce mardi 5 janvier aux deux militaires du premier régiment de chasseurs ainsi qu’à un troisième, blessé.

Un groupuscule refuse de partager cette émotion : la Ligue de Défense Noire Africaine (LDNA) qui a assumé dans un tweet « ne pas regretter la mort de ces militaires qui n’auraient pas dû protéger au Mali les intérêts économiques de la bourgeoisie criminelle française menée par Bolloré ».

Fondée en 2017, et active depuis 2018, la LDNA est une association qui se définit comme un « mouvement révolutionnaire pour la défense des droits des Afrodescendants et des Africains ». Elle mélange idéologie antiraciste, panafricaine et anticoloniale tout en faisant des opérations coup de poing contre tous ceux qui participeraient, selon elle, au racisme anti-noir.

Le fondateur, Egountchi Behanzin, de son vrai nom Sylvain Afoua, se revendique « activiste politique, anti-negrophobie, panafricain et révolutionnaire ». Son nom d’emprunt, loin d’être choisi au hasard, est celui du roi du Dahomey (ancien royaume africain devenu protectorat français en 1894), célèbre pour avoir longtemps lutté contre les armées coloniales.

L’année 2020 fut particulièrement chargée pour le groupuscule. Une manifestation illégale contre le racisme et les violences policières est organisée devant l’ambassade américaine à Paris le 6 juin, en écho à la mort de George Floyd. Devant plus d’un millier de personnes, l’activiste panafricain s’en prend à la France, estimant qu’il s’agit d’un « état totalitaire, terroriste, esclavagiste et colonialiste ! L’État français exploite son propre peuple, alors vous imaginez ce qu’ils font en Afrique » le ton est donné et fait réagir le Rassemblement National qui appelle à dissoudre le groupuscule.

Quelques jours plus tôt, le 30 mai, le leader de la LDNA avait déjà affirmé que « La France de Clodion le Chevelu, de Jeanne d’Arc, de Philippe Pétain ou de Charles de Gaulle n’est plus. Aujourd’hui c’est la France de la LDNA » appelant au passage au « renommage des rues, places et lycées » tout en incitant à retirer les statues de figures historiques jugées racistes. Pour lui, Montesquieu, Napoléon ou encore Charles de Gaulle devraient être dans un « musée des mauvais hommes ». […]

Marianne