Metz (57) : Rassemblement de soutien après l’attaque d’une mosquée turque à coups de cocktails Molotov

Une enquête a été confiée à la sûreté départementale, a indiqué le procureur de la République de Metz, Yves Badorc, ajoutant que, « à ce stade (…), aucune piste n’est privilégiée ».

La façade d’une mosquée turque de Metz a été légèrement endommagée dans la nuit de jeudi à vendredi par des bouteilles incendiaires de type cocktail Molotov, suscitant l’émoi dans la cité lorraine où un rassemblement est prévu ce samedi à la mi-journée. « Je condamne avec la plus grande fermeté cet acte d’islamophobie », a réagi sur Twitter le maire de Metz, le LR François Grosdidier, appelant « à un rassemblement de soutien » samedi à midi dans le centre-ville.

Les dégâts ont été constatés vendredi « vers 5h30 par des fidèles venus à la prière du (vendredi) matin », indique Ridvan Kilinc, le secrétaire de l’association qui gère le centre cultuel et culturel qui abrite la mosquée Merkez Camii, de la fédération DITIB, une organisation de la communauté turque. Une plainte a été déposée, a-t-il indiqué.

« C’est un fait extrêmement grave »

« C’est la première fois qu’on a un attentat sur un lieu de culte à Metz (…) Jamais on était passé à cette volonté de détruire. C’est un fait extrêmement grave », a affirmé l’édile sur France Bleu Lorraine Nord.

Trois bouteilles incendiaire de type « cocktail Molotov » avaient été déposées devant la façade mais seulement deux ont été allumées, selon Ridvan Kilinc, qui ajoute que le centre n’avait « jamais » fait l’objet d’une telle attaque. Les flammes ont légèrement noirci par endroits la façade, a encore indiqué Ridvan Kilinc. Selon lui, une bouteille avait été installée près d’un système électrique avec, manifestement, l’intention de l’endommager. Le ou les auteurs ont aussi manifestement tenté, en vain, de lancer un cocktail Molotov dans la mosquée pour en incendier l’intérieur, a-t-il encore affirmé, précisant que les deux imams de la mosquée « logent au-dessus » du bâtiment religieux.

« Tout le monde est stupéfait », a ajouté Ridvan Kilinc, appelant à « l’union », « le maître-mot de la manifestation » samedi à Metz.

En réaction à cet acte d’islamophobie selon le maire LR François Grosdidier, un rassemblement de soutien à la communauté musulmane a eu lieu samedi 7 mai 2022.

C’est un mélange d’incompréhension et de tristesse qui règne, après la dégradation de la mosquée turque du centre Merkez Camii, à l’est de Metz (Moselle). Les dégâts sont légers mais l’acte qualifié d'”islamophobe”, par le maire de la ville, François Grosdidier (LR), suscite une vague d’indignation.

Un rassemblement en soutien à la liberté de croyance et de culte a eu lieu ce samedi 7 mai 2022, à 12h, sur la place d’Armes de Metz. Environ 250 personnes étaient présentes pour manifester leur solidarité. Parmi elles, plusieurs personnalités politiques de l’agglomération messine, mais aussi des représentants religieux chrétiens, juifs et musulmans et une délégation du Consulat Général de Turquie à Strasbourg.

Après la dégradation d'une mosquée de la ville dans la nuit du 5 au 6 mai, un rassemblement en soutien à la liberté de croyance et de culte a eu lieu ce samedi 7 mai 2022 à Metz.

C’est un lieu cultuel mais aussi culturel, avec une association qui organise des activités, comme la distribution de vêtements et de nourriture, on ne s’attendait pas à une attaque comme celle-ciAli Durak, Président de l’amicale franco-turque qui gère le centre Merkez Camii

“C’est triste, ici ce n’est pas qu’une mosquée. C’est un lieu cultuel mais aussi culturel, avec une association qui organise des activités, comme la distribution de vêtements et de nourriture, on ne s’attendait pas à une attaque comme celle-ci”, déplore Ali Durak, président de l’amicale franco-turque qui gère le centre Merkez Camii. “On aimerait la paix, on veut vraiment continuer notre vie en harmonie, nous sommes navrés”, soupire une dame musulmane présente dans la foule. 

C’est un fidèle qui a fait la malheureuse découverte, au matin du vendredi 6 mai 2022. Il découvre des murs noircis puis, déposées contre la façade de la mosquée messine trois bouteilles incendiaires.

C’est un fidèle qui a fait la malheureuse découverte, au matin du vendredi 6 mai 2022. En arrivant sur les lieux, il découvre des murs noircis puis, déposées contre la façade du bâtiment religieux et culturel, trois bouteilles incendiaires. Deux d’entre elles ont pris feu, ne provoquant pas d’incendie. Le dispositif, qui s’apparente à des cocktails Molotov, a provoqué de la fumée noire et occasionné de légers dégâts ne nécessitant pas l’intervention des pompiers. 

L’islam est une religion de pardonAyhan Avci, vice-président de l’amicale franco-turque qui gère le centre Merkez Camii à Metz

La communauté musulmane, très touchée par cet élan de solidarité, se dit prête à tendre la main aux auteurs des faits. “L’islam est une religion de pardon. Si les personnes qui ont fait ça se rendent à la justice demain, je peux vous donner ma parole, nous pouvons retirer notre plainte (…) à une condition, qu’ils viennent nous donner un coup de main et qu’ils nous aident à réparer la façade, main dans la main, nous pourrons discuter et leur expliquer ce qu’est l’islam”, explique Ayhan Avci, le vice-président de l’association Ditib, l’amicale franco-turque qui gère le centre Merkez Camii à Metz.

Le maire de Metz évoque un “attentat”

C’est du jamais vu à Metz, selon les dires du maire. “Je condamne avec la plus grande fermeté cet acte d’islamophobie. Je le regrette infiniment dans une ville qui a toujours été, dans son histoire, une cité de tolérance religieuse et dans laquelle vit aujourd’hui le dialogue interreligieux”, peut-on lire sur le compte Facebook officiel du maire de Metz et président de l’Eurométropole de Metz, François Grosdidier. Présent lors du rassemblement, le maire de Metz a employé le terme “d’attentat” lors de sa prise de parole.

20 Minutes