Mexique : Les autorités revendiquent plus de 30 œuvres d’art préhispaniques qui doivent être mises aux enchères en France

Dans le viseur du pays d’Amérique latine, la vente aux enchères “Quetzalcoatl : serpent à plumes” organisée par Christie’s à Paris le 9 février. La presse mexicaine déplore la “résistance constante” opposée par la France au combat mené par le Mexique pour la restitution de ses biens culturels.

Entre le Mexique et la France, l’histoire se répète. Le pays d’Amérique latine a récemment réclamé 33 objets archéologiques précolombiens qui seront mis aux enchères le 9 février à Paris. Le Mexique poursuit ainsi son combat pour récupérer le patrimoine qui est exposé dans les collections européennes, mais “qui n’a jusqu’à présent donné que peu de résultats” et “qui rencontre une résistance constante en France”, souligne le quotidien.

L’Institut mexicain d’anthropologie et d’histoire a intenté une action en justice et activé ses réseaux diplomatiques pour protester contre la vente aux enchères “Quetzalcoatl : serpent à plumes”, organisée par la société Christie’s le 9 février à Paris. Quelque 40 objets précolombiens, issus de collections européennes, y seront proposés. “33 d’entre eux proviennent du patrimoine mexicain”.

Sculptures, vases, masques, plats et figurines des cultures aztèque, maya, toltèque, totonaque ou mixtèque figurent au catalogue de la vente. Ces objets proviennent d’États comme Veracruz, Nayarit, Guerrero, Guanajuato, Colima, Chiapas et Mexico.

La pièce la plus estimée est une sculpture totonaque de Cihuateótl, déesse de la fertilité. Provenant d’El Zapotal, dans l’État de Veracruz, elle devrait être vendue entre 600.000 et 900.000 euros.

Une vente “contraire à l’éthique” et “immorale”

On note également la présence au catalogue d’un masque en pierre de Teotihuacan qui pourrait se vendre entre 350.000 et 550.000 euros et dont “on ignore comment il est arrivé en Europe”. Ce masque, vendu sous le nom Quetzalcoatl, a appartenu à Pierre Matisse, fils d’Henri Matisse, et a été exposé en 2012 au musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris et en 2018 au Palazzo Loredan à Venise.

Ils l’appellent Quetzalcoatl probablement parce qu’ils pensent qu’il se vendra mieux de cette façon. Cette vente est contraire à l’éthique, illégale et très immorale”, a écrit sur son compte Twitter l’archéologue américain Michael E. Smith.

En septembre 2019, la diplomatie mexicaine avait déjà cherché, sans succès, à mettre fin à la vente aux enchères de 95 objets précolombiens vendus par la maison Millon à l’hôtel Drouot, rappelle le quotidien. Et en novembre 2019, Mexico avait également tenté d’empêcher la mise aux enchères de 44 pièces préhispaniques par Sotheby’s, toujours à Paris.

Toutes ces polémiques autour de la restitution des biens culturels ne se soldent
toutefois pas par un échec pour le Mexique. Le bas-relief olmèque de Xoc, trouvé à Paris en 2015 par la maison de vente aux enchères Binoche et Giquello, avait été rendu au pays d’Amérique latine deux ans plus tard.

El País América