Michel Bussi : « Dans 10 à 30 ans, nous aurons une dette à payer envers l’histoire et envers les migrants »

[…] L’auteur de Nouvelle Babel (Presses de la Cité) n’en est pas à son premier soutien médiatique envers les réfugiés : dans On la trouvait plutôt jolie, paru en 2017, Michel Bussi contait l’histoire de Leyli, incarnation de toutes les femmes et de tous les hommes prêts à risquer leur vie pour s’échouer sur les rives faussement séduisantes de l’Europe. Dans Nouvelle Babel aussi, on voyage : Rio, Kazakhstan, Himalaya, Birmanie […]

Toutefois, de manière plus générale, l’écrivain se dit en désaccord quasi-constant avec les politiques gouvernementales actuelles en matière d’immigration. Donateur caritatif régulier pour l’Association SOS Méditerranée, qui agit pour mettre fin aux naufrages en pleine mer, il assure « ne pas comprendre qu’on puisse entraver leur action ». 

Je pense que dans 10 à 30 ans, nous aurons une dette à payer envers l’histoire et envers les immigrés. Comment peut-on tolérer les noyades, ruiner les espoirs de ceux qui espèrent simplement une vie meilleure ? », questionne-t-il, ajoutant d’ailleurs que le plus gros succès de l’histoire du cinéma, Titanic, est aussi un film sur des migrants, européens cette fois. « Mais l’opinion publique, de plus en plus marquée contre l’Islam, ne facilite pas des politiques favorables à l’immigration. »

S’il n’a pas prévu, pour le moment, d’autre ouvrage portant sur ce sujet « très clivant », Michel Bussi oppose régulièrement la vision médiatique portée sur l’immigration et les cas plus personnels. « Je ne connais personne qui, s’il faisait face à une personne en train de se noyer, s’empêcherait de lui tendre la main afin de la sauver. Mais la peur est alimentée par la vieille rhétorique, “On ne peut pas accueillir toute la misère du monde“. Il faut quand même rappeler que 80% des migrants partent dans des pays pauvres, et près de chez eux – ils ne viennent pas tous en France… » 

L’auteur rappelle d’ailleurs que les économistes ont prouvé, à de nombreuses reprises, que l’arrivée de migrants en France est bénéfique pour l’économie. « Parfois, il faut aussi savoir être rationnel. Dans tous les cas, on ne pourra jamais tuer l’espoir, leur espoir, qui sera toujours présent dans la nature humaine. »  

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