Michel Onfray : Après la condamnation de Damien Tarel, « il y a deux poids, deux mesures de la justice »

Michel Onfray était l’invité de la matinale de Dimitri Pavlenko. Le philosophe et fondateur de la revue souverainiste Front Populaire a évoqué la portée politique du football en ce jour d’ouverture de l’Euro 2021, compétition dans laquelle la France s’engage comme favorite. Michel Onfray a également commenté les propos polémiques de Jean-Luc Mélenchon et la gifle qu’a reçue Emmanuel Macron.

Michel Onfray : « Ce que Mélenchon nous fait voir c’est de la haine, du mépris et de la violence »

Plus habitué à disserter des écrits de Montaigne que des schémas tactiques de Didier Deschamps, Michel Onfray a néanmoins donné son avis de philosophe sur le début de l’Euro de football du haut son « incompétence » sportive pleinement assumée : « Je suis ni pour ni contre, je n’ai pas été éduqué à ça (…) Mais cela reste quand même une affaire politique évidemment (…) Le rapport à la Marseillaise, au drapeau, le rapport aux transferts et à l’argent, au faut d’aimer la France ou non, d’avoir une équipe toute blanche ou black blanc beur ». Le philosophe reconnaît l’importance de l’équipe de France, la force commune qu’elle dégage et le symbole qu’elle représente pour tous les citoyens : « L’équipe de France ça n’est pas rien, vous portez son maillot donc vous incarnez le pays (…) L’équipe de France devrait être une petite république, et si on arrive pas à faire république en France l’idéal serait au moins de le réussir à l’échelle de d’une équipe ».

Interrogé par Dimitri Pavlenko sur les récents propos polémiques de Jean-Luc Mélenchon, annonçant un nouvel attentat avant l’élection de 2022 pour pointer du doigt les musulmans ou suggérant l’existence d’une main invisible dans la panne des numéros d’urgence, Michel Onfray y voit un discours rationalisé et ciblé politiquement d’un opportuniste total, comme le montre sa carrière politique : « On ne peut pas dire qu’on est dégagiste quand on est le plus ancien homme politique en place (…) Mélenchon a voté oui à Maastricht, il a été au Parti Socialiste, il a eu un temps un discours Jauressien-Gaulliste (…) Quand vous n’avez pas rencontré l’Histoire et que vous vous êtes trompé sur tout il faut être modeste, il n’est pas très crédible ». Pour Michel Onfray, le leader de la France Insoumise a repéré un créneau libre et porteur électoralement sur le thème du complotisme : « C’est une des leçons du Covid, l’inculture et la bêtise généralisée, le défaut de raison, de scientificité ».

Michel Onfray reprend ironiquement les propos de Damien Tarel : « Sympathique et menteur c’est bien vu, cela pourrait faire un titre de biographie d’Emmanuel Macron »

Damien Tarel, l’agresseur d’Emmanuel Macron, aurait justifié son geste par le regard sympathique et menteur que le président lui aurait donné au moment de lui serrer la main, moment précis où il s’est senti investi de la mission de lui asséner une gifle : « Sympathique et menteur c’est bien vu, cela pourrait faire un titre de biographie d’Emmanuel Macron » déclare ironiquement Michel Onfray. Cependant, le philosophe dénonce l’hypocrisie des observateurs politiques dans le traitement de cette gifle : « je ne défend pas cette gifle mais cette hypocrisie est assez terrible (…) Les éditorialistes trouvent en coulisses que c’est bien fait pour lui mais à l’antenne condamnent cette atteinte au corps du roi et à la république ».

Michel Onfray tire les leçons de la lourde punition assenée à Damien Tarel, avec 4 mois de prison ferme et 14 mois avec sursis cette décision est symbole d’une justice à deux vitesses selon l’auteur de Décadence : « Il faut attendre deux, trois, quatre ans pour voir votre dossier aboutir (…) Si vous fumez des pétards vous pouvez jeter une vieille dame juive par la fenêtre il n’y aucun problème vous ne serez pas jugé, en revanche une gifle au président et le soir même vous êtes en prison, déchus de vos droits civiques pendant trois ans et vous avez le droit au mépris ».

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