Mode : Accusée de promouvoir la pédopornographie sadomaso, la marque Balenciaga retire sa dernière campagne publicitaire et ferme son compte Twitter

Hypersexualisation d’enfants, sadomasochisme… Avec leurs campagnes publicitaires, plusieurs marques de mode se sont déjà brûlé les ailes en déclenchant de grandes polémiques. Balenciaga, qui a fait de la provocation une spécialité, n’hésite pas à surfer sur les codes du moment.

Hier soir, la marque de luxe dans le giron de Kering a posté sur son compte Instagram des excuses concernant sa campagne publicitaire de Noël mettant en scène des enfants sur le thème du «bondage». Une précédente publicité est également mise en cause en raison d’un message caché sur un arrêt très controversé de la Cour Suprême des États-Unis sur la pédopornographie.

Deux campagnes publicitaires de la marque de luxe ont été retirées après avoir soulevé un tollé. Les deux affaires ont un lien avec la pédopornographie.”

Image issue de la campagne de Noël 2022 de Balenciaga.

Mauvaise journée pour Kering. Alors que le journal américain WWD toujours très bien informé, annonce le possible départ d’Alessandro Michele de la direction artistique de Gucci, une autre de ses maisons, Balenciaga, est dans la tourmente depuis hier. En cause, sa campagne publicitaire «Balenciaga Objects» mettant en scène des petites filles portant le dernier sac de la saison, un doudou aux airs de Gremlins dans un harnais de cuir de style bondage. Les images diffusées depuis le 16 novembre n’ont pas manqué de créer la polémique sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes leur reprochant leur mauvais goût, certains parlant même de «pédo-chic».

Enfants et peluches BDSM: Balenciaga présente ses excuses et porte plainte

Dans la nuit de mardi à mercredi, Balenciaga a présenté ses excuses, en postant une story sur Instagram à la suite du tollé (lire encadré à la fin de l’article) provoqué par sa campagne publicitaire de Noël dévoilée la semaine dernière. Celle-ci met en scène des enfants avec des produits inspirés par l’univers BDSM, notamment des peluches. «Nos sacs en peluche n’auraient pas dû être mis en scène avec des enfants dans cette campagne», écrit la marque de luxe, filiale du groupe Kering. Dans la foulée, elle a retiré les images des réseaux sociaux et de son site. Elles ont été prises par le photographe italien Gabriele Galimberti.

Balenciaga a l’habitude de choquer et doit parfois rétropédaler. Dans sa dernière campagne publicitaire, la marque de luxe du groupe Kering a mis en scène des enfants portant des sacs d’ours en peluche en tenue de bondage. Les photos ont déclenché une pluie de critiques sur Twitter. La marque, accusée de sexualiser les enfants en reprenant les codes du sadomasochisme, a finalement fait son mea culpa et a retiré sa campagne.

Deuxième affaire: Balenciaga porte plainte

Au même moment, Balenciaga a posté une autre story sur Instagram. Ce communiqué concerne une autre campagne publicitaire, celle du printemps-été 2023 photographiée par Joshua Bright, dans laquelle figurent des stars (Nicole Kidman, Bella Hadid, Isabelle Huppert) qui posent dans un bureau à New York. Parmi les photos, des natures mortes présentent un sac à main à côté de l’arrêt États-Unis contre Williams de la Cour suprême des États-Unis datant de 2008 relatif à la diffusion de matériel pédopornographique. Cet arrêt confirme une loi fédérale condamnant la publicité, la promotion, la présentation et la distribution de pornographie infantile.

Balenciaga déclare: «Nous nous excusons d’avoir affiché des documents troublants dans notre campagne. Nous prenons cette affaire très au sérieux et engageons une action en justice contre les parties responsables de la création du décor et de l’inclusion d’articles non approuvés pour la prise de vue de notre campagne printemps-été 2023. Nous condamnons fermement les abus envers les enfants, sous quelque forme que ce soit. Nous défendons la sécurité et le bien-être des enfants.» Les images ont aussi été supprimées des plateformes de la marque. Bella Hadid, top model, qui pose dans la campagne publicitaire, a fait de même. À la suite de cette controverse, Balenciaga a supprimé son compte Twitter.

La marque “Balenciaga” vient de réaliser “une intéressante séance photo” pour leurs tout nouveaux produits, qui comprenant un document judiciaire, à peine dissimulé, relatif à la “pornographie enfantine virtuelle”

Le Figaro