Montereau (45) : “Du Viagra pour repeupler le village”, l’arrêté insolite de ce maire du Loiret a-t-il porté ses fruits ?

Il y a trois ans, le maire de Montereau, dans le Loiret, prenait un arrêté pour faciliter la distribution de pilules de Viagra dans sa commune. Une manière de faire le buzz pour interpeller les autorités et éviter la fermeture d’une classe. Si les pilules n’ont jamais été distribuées, elles n’ont pas été sans effet.

“Des pilules seront distribuées aux couples entre 18 et 40 ans, afin de leur donner toutes les chances de conception et ainsi préserver les écoles”. Quand Jean Debouzy, maire de Montereau, a rédigé cet arrêté il y a trois ans, il n’imaginait pas que cela provoque autant de réactions. La presse locale, mais aussi les médias nationaux, voir internationaux, comme la chaîne britannique de la BBC ou même la télévision brésilienne, se sont emparés du sujet.

De nouveaux habitants depuis l’arrêté

Trois ans plus tard, les parents en parlent encore. “C’est vrai que ça nous a surpris sur le coup, mais on a trouvé ça surtout rigolo”, avoue une mère de famille. “Du coup, on a fait un petit”, plaisante un autre parent. ” Non, ce n’est pas vrai, mais il a fait parler de la commune grâce à ça, justement.”

Car derrière la blague de ce maire, il y avait bien l’intention d’alerter sur la fermeture d’une classe dans l’école primaire du village de 600 habitants. “Une commune sans école, ce n’est pas une commune, c’est clair”, lance Jean Debouzy. Son coup de gueule a fonctionné. Si les petites pilules bleues n’ont jamais été distribuées, il n’est aujourd’hui plus question de fermeture de classe. Au contraire, l’école s’agrandit et en attendant un nouveau bâtiment, les CP et CE1 sont hébergés pour ce début d’année dans la salle des fêtes du village d’à côté.

Car depuis le trait d’humour du maire, de nouveaux habitants se sont installés dans le village. “On a fait construire une maison et les locataires étaient déjà dessus. Il y a eu de nombreuses demandes et le logement était déjà loué avant d’être construit”, souligne une restauratrice. Le logement est d’ailleurs le nouveau combat de Jean Debouzy. À 79 ans, il a décidé de partir en guerre contre l’intercommunalité. Selon lui, elle gênerait le développement du village.