Montpellier (34) : En représailles à la mort du jeune supporter marocain, 300 maghrébins armés de kalachnikovs incendient des logements, des véhicules et font fuir la communauté gitane (Màj)

Expédition punitive, « Allah Akbar » : les gitans pris pour cibles à Montpellier. Depuis deux jours, Montpellier est le théâtre de représailles envers la communauté gitane après la mort accidentelle d’un franco-marocain de 14 ans dans la nuit de mercredi à jeudi.

La ville de Montpellier s’est réveillée groggy vendredi matin. L’avant-veille, en marge des célébrations de la qualification de l’équipe de France pour la finale de la Coupe du Monde, un franco-marocain de 14 ans est écrasé par une voiture dans le quartier de la Paillade, après avoir tenté d’arracher un drapeau français situé dans le véhicule. Hospitalisé en réanimation avec un pronostic vital engagé, l’adolescent décède quelques heures plus tard. Le chauffeur du véhicule, qui a pris la fuite après l’accident, serait gitan, selon police. Depuis, c’est toute une communauté qui vit dans un climat de terreur. Jeudi matin, une première expédition punitive avait eu lieu. Un des deux hommes présents dans la voiture a été passé à tabac et hospitalisé. Son appartement a été retrouvé saccagé.

Jeudi soir, quatre sections de CRS sont déployées dans le quartier de la Mosson, selon les informations du Figaro. Sur des vidéos amateures, des individus armés saccagent et incendient deux logements, deux camions et une voiture, dans ce quartier où vivent de nombreuses familles gitanes. Une autre montre une vingtaine de jeunes d’origine maghrébine courir et crier :

Allah Akbar », « on va vous niquer vos mères les gitans ! » « Les gitans sont terrorisés, surtout les enfants », s’inquiète Yaka Maraval, porte-parole de la communauté gitane. « Le geste terrible de ce jeune ne doit pas entraîner de vengeance sur l’ensemble de la communauté gitane. On compatit avec la douleur de la famille de l’adolescent. »

Valeurs Actuelles

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Les familles gitanes chassées par 300 individus armés, qui ont incendié deux logements et des véhicules, fuient Montpellier selon Yaka Maraval, porte-parole de la communauté gitane.

Les familles gitanes chassées par 300 individus armés, qui ont saccagé et incendié deux logements, deux camions et une voiture jeudi soir, fuient Montpellier, selon Fernand Maraval dit Yaka, l’incontournable représentant et porte-parole de la communauté des gitans sédentaires d’ici. Sur des vidéos, on voit un véritable déchaînement de violences gratuites la nuit dernière. 

Ce vendredi matin, Yaka Maraval témoigne à Métropolitain : « Après les expéditions punitives ciblant des biens de familles gitanes à la Mosson-la Paillade, 24h après le décès de l’adolescent franco-marocain, les gitans sont terrorisés, surtout les enfants ». Avec cette grosse inquiétude sur le sort d’un adolescent : « Sur une vidéo, on voit les vandales l’enlever et le placer de force dans le coffre d’une voiture. Où est-il ? Ses parents croyaient qu’il était dans sa chambre » s’interroge Yaka Maraval. Il annonce qu’il se rendra avec d’autres membres de la communauté à 14h ce vendredi en préfecture de l’Hérault  » pour obtenir un rendez-vous urgent, nous avons peur pour la nuit prochaine ».

Jets de projectiles et tirs de mortiers

En dehors de ces expéditions punitives, la nuit a été agitée à la Mosson et au Petit Bard, où des émeutes ont eu lieu : véhicules et poubelles incendiés, barricades dressées avenue de l’Europe, jets de projectiles et tirs de mortiers d’artifice en direction des forces de l’ordre. Les CRS ont répliqué par des gaz lacrymogènes pour ramener le calme. Il n’y a eu ni blessé, ni interpellation. 

Fernand Maraval dit Yaka (à droite), incontournable représentant des gitans d’ici.

« On ne veut pas la guerre »

Yaka Maraval raconte que « une horde de jeunes armés de kalachnikovs a investi la résidence Jupiter pour défoncer la porte d’un appartement, saccagé les meubles et mettre le feu, avant de brûler une voiture puis de s’enfuir. Les gitans de Figuerolles, notamment à la cité Gély informés qu’une partie de cette bande allait venir ont chargé leurs fusils, prêts à en découdre. Finalement, quand les agresseurs l’ont su, ils ont rebroussé chemin. La situation est intenable. On ne veut pas la guerre. »

Yaka Maraval révèle que les familles gitanes de la Mosson-la Paillade « ont fait leurs valises et sont allés se mettre en sécurité loin de Montpellier ». Pour apaiser les tensions et pour éviter une escalade dans la violence, il se tourne vers les élus d’ici pour qu’ils interviennent, et souhaite une rencontre rapide avec la famille du jeune Aymen, les imams et la préfecture : « Le geste terrible de ce jeune ne doit pas entraîner de vengeance sur l’ensemble de la communauté gitane. On compatit avec la douleur de la famille de l’adolescent ».

Passager blessé

Le fuyard avait un ami comme passager à bord de la voiture qui a violemment foncé dans le groupe de jeunes non loin des halles des 4 Saisons, à la Mosson, quelques minutes après la victoire des Bleus contre le Maroc en demi-finale de la Coupe du monde, fauchant le collégien de 14 ans, décédé un peu plus tard au CHU. Des témoins ont poursuivi le véhicule, abandonné et vide près de la résidence Jupiter, où ils ont repéré et roué de coups celui qu’ils croyaient être le conducteur. En fait, il s’agissait du passager, blessé et hospitalisé sous protection policière.

Jeudi, les parents d’Aymen ont lancé un appel au calme.

Métropolitain

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Un adolescent de 14 ans est mort mercredi soir, pendant les célébrations après la demi-finale de la Coupe du monde de football, percuté par une voiture dans le quartier de la Paillade, le conducteur serait un Gitan qui aurait été reconnu.

Le conducteur serait un membre de la communauté gitane de Montpellier. Tout le monde craint de raviver les tensions passées. «Il y a tellement de choses qui nous rassemblent», souligne une figure de la communauté sous le sceau de l’anonymat. De toute part, c’est le même sentiment de désolation. Un immeuble dans lequel vivent de nombreux membres de la communauté gitane assiégé, un appartement mis-à-sac.