Montpellier (34) : Un adepte de l’ultradroite condamné à 4 ans de prison pour apologie de terrorisme, après avoir diffusé la photo de la tête de Samuel Paty

Le tribunal correctionnel de Montpellier est allé au-delà de ce qu’avait requis le procureur de la République : quatre ans de prison dont trois avec sursis. Rémi D. est retourné en prison après avoir été condamné mercredi pour avoir partagé sur des réseaux sociaux la photo de la tête de Samuel Paty, l’enseignant décapité par un jihadiste à Conflans-Sainte-Honorine. En ajoutant un commentaire : “Samuel est Paty”.

Cet homme de 30 ans, qui vit du RSA et habite toujours chez ses parents, n’est pourtant pas un activiste de l’islam radical. Il est au contraire clairement affiché à l’ultradroite, comme l’ont constaté les policiers du SRPJ de Montpellier, qui l’ont interpellé au début du mois.

Un réseau social avec une modération plus légère que Facebook

Auparavant, il va comparaître détenu, ce mercredi 25 novembre, en comparution directe, pour avoir diffusé la photo prise par le terroriste après son crime, sur minds.org.

Ce réseau social américain se veut être concurrent de Facebook en se distinguant par une modération beaucoup plus légère des contenus qui y sont publiés. Selon certains observateurs, minds.org est pour cela très prisé des groupuscules d’ultradroite, néonazis ou prônant la suprématie blanche.

De l’humour… noir

Dans le box, Rémi D. n’en démord pas, “il y a beaucoup d’incompréhension”. Selon lui, cette phrase, c’est juste de l’humour. “De l’humour noir”. Le procureur Nicolas Brignol a beau lui expliquer qu’on ne pourra jamais rire de cette photo, Rémi ne se démonte pas : “visiblement, c’est trop subtil pour certaines personnes”.

Propagande néonazie

Pour lui, dans l’assassinat de ce “prof gauchiste, la seule honte que peut avoir un véritable fasciste, c’est de se dire que c’est un étranger qui a fait le boulot”. Ce commentaire, il l’a publié également sur les réseaux sociaux. Mais il se défend de toute apologie du terrorisme. “C’est plus de la littérature que de l’idéologie. Juste pour la formule”.  […]

Chemise à manches longues et les bras croisés comme pour cacher les tatouages qu’il a sur les doigts de la main gauche, il affiche un petit sourire presque en permanence, “un rictus”, dira le procureur. L’homme de 32 ans, atteint d’une maladie auto-immune et qui vit des minimas sociaux depuis un an, explique que la marque de sa “timidité”.

Autre procès pour apologie de crime de guerre

Le président du tribunal, Abdessamad Errabih, énumère ce que les enquêteurs ont découvert. Certains des écrits que Rémi D. a mis en ligne attestent qu’il se réclame de la race aryenne. Chez lui, les policiers ont mis la main sur des ouvrages qui révèlent sa fascination pour le Troisième Reich et sur divers objets siglés de la croix gammée. Tout cela lui vaudra d’ailleurs un autre procès en février, notamment pour apologie de crime de guerre.

France Bleu