Montpellier : Arrestation d’un proxénète marocain dans le cadre du démantèlement d’un réseau international de prostituées roumaines et colombiennes

C’était un réseau particulièrement sophistiqué de traite des êtres humains”, commente ce vendredi 5 mars le procureur de la république Fabrice Belargent. L’enquête, dirigée par deux juges d’instructions de Montpellier et menée par la Direction territoriale de la police judiciaire, avec l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains à Paris, a permis de libérer 33 jeunes femmes, âgées de 18 à 35 ans, contraintes de se livrer à la prostitution partout en France. 

Le procureur de la République de Montpellier Fabrice Belargent.

Cinq victimes présumées à Montpellier et Nîmes

L’affaire démarre le 4 juin 2020 lorsque deux femmes de nationalité colombienne se présentent au commissariat de Montpellier. Elles venaient de réussir à s’échapper d’un appartement dans lequel elles auraient été séquestrées pour se prostituer, sous la surveillance d’une caméra, depuis plusieurs semaines. Une troisième jeune femme colombienne est découverte dans un autre appartement. Les policiers montpelliérains interpellent un homme de 34 ans, de nationalité marocaine, “décrit par les jeunes femmes comme étant celui qui les contraignait sur place à se livrer à la prostitution”, précise le procureur. Une perquisition à Nîmes permet de découvrir le même type d’appartement locatif occupé par deux jeunes femmes, elles aussi de nationalité colombienne.

L’homme est mis en examen et une information judiciaire est ouverte pour “proxénétisme aggravé et traite des êtres humains en bande organisée”

Un “call center” en Espagne 

Après plusieurs mois d’enquête, une vaste opération de police en France, en Espagne, en Roumaine et en Italie est lancée de manière simultané le 2 mars dernier. Au total, douze personnes de nationalité colombienne et roumaine sont interpellées, dont huit dans les villes espagnoles de Guadalajara et Barcelone. C’est là que dans un appartement 36 lignes de téléphones opérationnelles sont découvertes. “Chaque ligne correspondait à une prostituée”, précise le procureur. Une sorte de “call center” où les clients français appelaient pour prendre rendez-vous avec une prostituée après avoir vu une “publicité” sur les réseaux sociaux.

Toutes les victimes présumées viennent d’Amérique du Sud ou de Roumanie arrivées pour des fausses promesses d’emploi en Espagne et en France. Selon les premières éléments de l’enquête, elles étaient régulièrement déménagées pour “les déstabiliser”, précise Fabrice Belargent. 17 villes françaises ont été recensées à ce stade. 

En France, deux individus interpellés à Perpignan, ont été présentées à la justice jeudi et placés sous mandat de dépôt. Les autres mis en cause font l’objet de mandats d’arrêt européens en attendant leur transfert en France. 

La Gazette de Montpellier