Montpellier : l’ancienne Ecole Normale d’Institutrices réquisitionnée et transformée en centre d’hébergement pour «des familles»

Ce lieu permet à des familles de se poser le temps de trouver une solution à leur situation précaire

Situé dans le quartier Boutonnet à Montpellier, la vaste enceinte abritant l’École Normale d’Institutrices de 1876 à 1976 […] est transformé le temps de l’urgence sanitaire en centre d’hébergement d’urgence pour les familles. Un lieu réquisitionné par le préfet de l’Hérault au Rectorat et confié à la Croix-Rouge.

Réquisition par le préfet

Le préfet de l’Hérault Jacques Witkowksi a procédé mercredi à la visite du centre d’hébergement. Ce dernier a procédé en décembre à la réquisition en urgence du lieu appartenant au Rectorat. « On a des projets de rénovation de ce site qui n’ont pas pu aboutir jusqu’à maintenant. Ces locaux se délabrent et d’ailleurs nous n’utilisions qu’une partie pour des examens et concours[…]. » précise Philippe Ramon, chef de la division des affaires générales du Rectorat.

Les clés ont été confiées à la Croix-Rouge le 28 décembre. « […] Des sites comme ça à réhabiliter, c’est un projet un peu fou. On ne le fait pas souvent. Cela a un coût » raconte Julie Garlenq. En un temps record, la directrice territoriale de la Croix-Rouge a relevé la mission de parer à l’accueil de familles en situation d’urgence […]. « Un gros challenge qui a représenté 30 000€ d’investissement » précise Clément Marigou [président de la Croix-Rouge de l’Hérault]. Pour faire vive le centre, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale alloue à la Croix-Rouge, 30€ par jour et par personne logée, nourrie et accompagnée […]. « Début janvier, 2 213 personnes sont hébergées dans l’Hérault, 1 658 dans des centres d’hébergement ou d’insertion et 555 dans une place d’hôtel. Il faut ajouter également  l’hébergement d’environ 2 000 demandeurs d’asile […] » présente Pascale Mathey, directrice départementale de la cohésion sociale.

« En dix-huit mois, on a fait progresser l’offre d’accueil d’urgence de 40%. Elle était sous-capacitaire et très déficitaire à ma prise de fonction. C’est un constat historique » défend le préfet de l’Hérault Jacques Witkowski décidé à combler le retard, « […] On a aussi développé l’offre hôtelière qui sont très pratiques [sic] ».

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Une solution temporaire

Depuis le 18 janvier, quatre familles ont trouvé refuge dans ce nouveau centre et douze autres pourront y être accueillies dans les jours à venir […]. Dans sa mission, le centre doit également nourrir les personnes accueillies. Et si « une des premières demandes des mères de famille a été de pouvoir cuisiner » explique Julie Garlenq, il faudra attendre un peu. Dans un premier temps, un traiteur a assuré la livraison de repas, puis, le temps de mettre en place les choses, les mamans pourront préparer le repas collectif en puisant dans le stock de denrées fournis [sic] […].

Au moins jusqu’au 31 août

La réquisition du bâtiment est effective jusqu’au 31 août. À moins que le préfet, en accord avec tous les acteurs, ne décide de poursuive l’existence du centre. « Cet accueil ici de la Croix-Rouge est voulu et pensé que comme un accueil non durable que l’on adaptera en fonction de l’adaptabilité des projets immobiliers du rectorat », précise Jacques Witkowski.

Dans ce sens, Philippe Ramon explique : « C’est forcément du moyen-long terme […]. »

Au moins quatre autres sites d’accueil dans l’Hérault, fruit de la collaboration entre la préfecture et des porteurs de projets pour obtenir des fonds auprès de la ministre chargée du Logement Emmanuelle Wargon, devraient ouvrir dans les semaines à venir.

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