Morbihan (56) : Des communes bretonnes s’adressent à des détectives privés pour trouver des médecins

Face à la difficulté de faire venir des médecins, certaines communes, notamment dans le Morbihan, envisagent aujourd’hui une solution radicale : mandater des détectives privés pour trouver la perle rare.

« Ça a commencé comme une blague. Je suis spécialisé dans la recherche de personnes disparues. Un jour, le maire de Pleucadeuc (56) m’a confié qu’il n’y avait plus de médecin dans la commune. Et il m’a demandé si je ne pouvais pas l’aider… ». L’anecdote est signée Jean-Claude Le Badézet. Et elle est symptomatique d’une époque. Jamais, sans doute, il n’a été aussi difficile d’obtenir un rendez-vous chez un généraliste ou un spécialiste. Alors, quand le dernier toubib s’en va, et qu’aucun ne vient prendre la relève, les communes sont nombreuses à être aux abois.

Installée à Fouesnant (29), Cornélia Bontemps est mandatée par une agence de détectives privés. Sa mission ? Trouver des médecins pour plusieurs communes morbihannaises

Quatre à six mois de recherches

Face à cette pénurie médicale, elles usent de tous les moyens. Jusqu’à faire appel, désormais, aux détectives privés. Parmi eux donc, le Morbihannais Jean-Claude Le Badézet. Une licence de droit en poche, le juriste est passé par l’Institut de formation des agents de recherches de Montpellier. Avant d’ouvrir, en 2002, ABC Investigations, à Rennes, puis à Pleucadeuc. Un cabinet d’enquêtes qui a donc développé une nouvelle activité : la recherche de professionnels de santé pour le compte des communes. À Pleucadeuc, il a réussi à faire venir une petite dizaine de praticiens, il y a quelques années. Des installations qui ont rapidement donné des envies aux voisins. Aujourd’hui, trois nouvelles communes ont décidé de le mandater (NDLR : sollicitées, ces communes n’ont pas souhaité s’exprimer ou n’ont pas donné suite?). Toujours dans ce secteur niché entre Vannes et Ploërmel (56).

Chercher dans les hôpitaux, dans les facs de médecine… Partout.”

Pour le détective, la tâche s’annonce forcément ardue. Entre le début de la mission et l’installation d’un médecin (lorsqu’elle aboutit), il s’écoule « en moyenne quatre à six mois ». Pour l’aider et accroître le périmètre de recherches, il a fait appel à une juriste qu’il connaît bien, Cornélia Bontemps. Une Vannetaise d’origine, installée à Fouesnant (29). Sa mission ? « Chercher dans les hôpitaux, dans les facs de médecine… Partout », situe celle qui a affûté ses arguments. Vantant volontiers les mérites des trois communes. Et revenant largement sur les avantages à s’y installer. « Avantages financiers » forcément. Elle parle aussi de ces « locaux neufs, avec une gratuité d’au moins six mois », ou de la présence, sur place, de pôles de santé qui évitent une pratique isolée.

Une activité minime

« Ces communes sont prêtes à mettre la main à la poche. Elles ne blaguent pas, elles ont vraiment besoin de médecins », insiste le détective privé Jean-Claude Le Badézet, qui garde confidentielle la somme versée par les mairies si l’installation se concrétise. Selon nos informations, elle s’élèverait à quelques milliers d’euros. « Mais ce n’est vraiment pas mon fonds de commerce. C’est une activité minime. On fait ça pour aider les communes. C’est une mission de service public », assure-t-il.

Contact : Cornélia Bontemps au 06 79 49 29 81 ; Jean-Claude Le Badézet au 06 09 38 93 45

Le Télégramme