Musique : “Kilsemok”, Rakia chante pour témoigner, “Non, je ne pue pas, je ne vis pas dans un arbre, je ne cours même pas vite”

Dans son nouveau single “Kilsemok”, la chanteuse Rakia dénonce le harcèlement scolaire lié au racisme. Une haine qu’elle a elle-même subie lorsqu’elle était enfant.

Ce sont des mains moirées entrelacées. D’abord caressantes, elles se font oppressantes, asphyxiantes. Dans son nouveau clip Kilsemok (Qu’ils se moquent), la chanteuse Rakia aborde la question douloureuse et ô combien actuelle du harcèlement scolaire lié au racisme. Un fléau auquel elle a été confrontée, elle, la petite Nigérienne adoptée qui a grandi en Normandie. “Dans les années 2004, c’était moyennement ‘à la mode’ d’être noire ou femme ! J’avais beaucoup de mal-être en moi parce que j’avais du mal à m’intégrer“, nous confiait la protégée d’Orelsan lors d’une interview l’an dernier.

Avec ce nouveau single, Rakia a décidé de mettre ces souffrances d’enfant en mots et en images. “Les mains représentent les moqueurs et elles étouffent les personnes qui sont moquées, raillées ou discriminées. Au début, les mains sont partout, ce qui donne une ambiance très angoissante. Comme quand on est victime de harcèlement : on est angoissé et on navigue en eaux troubles”, nous explique-t-elle.

Dans son refrain, la chanteuse de 25 ans scande : “Qu’ils se moquent/ J’ai même pas peur d’eux/Qu’ils se moquent/Tant qu’ils pensent être rois/Qu’ils se moquent/Qu’on les plie en quatre”. Comme un hymne guerrier, un bouclier pour se blinder contre la haine. Les attaques abjectes (“Non, je ne pue pas, je ne vis pas dans un arbre, je ne cours même pas vite”), elle les balaie, mais ne les oublie pas.

Terra Femina