Musique : “The American Negro”, une critique soulfull et sans compromis du racisme systémique

Multi-instrumentiste surdoué, maître es-soul et hip hop, chef d’orchestre, le producteur Adrian Younge n’est pas seulement un esthète de la musique. Son œuvre quasi encyclopédique sur ce qu’on appelle la Great Black Music s’est bâtie autour de la conscience culturelle afro-américaine. 

Avec son complice Ali Shaheed Muhammad, membre du mythique crew hip hop A Tribe Called Quest, il s’est lancé en 2017 dans le projet fou de réhabiliter quelques héros musicaux (Roy Ayers, Gary Bartz, Marcos Valle) avec une série d’albums intitulés Jazz Is Dead. Mais c’est en solo qu’il débarque avec un projet multimédia ambitieux et militant dans le cadre du Black History Month. Cinq ans après le classique Something About April II, le Californien vient de dévoiler le premier titre phare de son album The American Negro attendu le 26 février.

L’artiste a choisi la provocation nécessaire dans la lutte pour l’égalité ainsi que la poésie qu’il déclame ainsi d’une voix spectrale sur une orchestration soulfull raffinée marchant ainsi sur les traces de Curtis Mayfield, Marvin Gaye ou Gil-Scott Heron. Pour illustrer sa chanson titre, Adrian Younge se met en scène sur la pochette, pendu à un arbre, rappelant les «cartes postales de lynchage» créées par les Américains blancs au début du XXe siècle. 

The American Negro est une critique sans compromis d’un système d’oppression des personnes de couleur aux Etats-Unis, détaillant par le menu le système et l’approche résolument malveillants qui les affectent au quotidien. Ce tout nouveau projet dissèque les mécanismes cachés d’une forme de racisme aveugle, utilisant la musique comme un médium capable de restaurer la dignité et l’estime de soi des Afro-Américains comme moi.” explique-t-il.

FIP