Mystère de l’or de Brest : mais où sont passés les lingots de la Banque de France ?

C’est un épisode mal connu de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. À Brest et dans deux autres ports français, une opération de vaste envergure a été menée dans le plus grand secret pour mettre à l’abri 2 800 tonnes de lingots et pièces d’or, alors que les Allemands étaient sur le point d’occuper le territoire. Une rocambolesque évasion autorisée des réserves de la Banque de France, qui garde encore aujourd’hui sa part de mystère.

Qu’est-il advenu d’une caisse manquante, supposément tombée à l’eau dans la rade de Brest le 18 juin 1940 ? Le souvenir de ce trésor a récemment ressurgi à l’occasion d’un fait-divers qui a défrayé la chronique : l’affaire Troadec.

Brest, 18 juin 1940. Les hommes sont exténués. Au total, 150 marins, d’ordinaire employés à la défense du port, et autant de matelots réquisitionnés – certains prisonniers ont même été sortis de leur cellule – ont été affectés depuis l’avant-veille à un abrutissant va-et-vient. Charger de lourdes caisses en bois dans des camions, depuis le fort de Portzic, au bout de la rade, puis conduire les véhicules jusqu’au quai des Flottilles, au cœur de l’arsenal, à quelques kilomètres de là. Ensuite les décharger pour transvaser la précieuse cargaison sur l’un des cinq bateaux affrétés pour l’occasion. Et repartir au fort pour répéter, encore et toujours, la même opération.

Empêcher que l’or français tombe aux mains des ennemis

Pas le temps de dormir, ni de se reposer, la frénésie gagne les rangs. Une fièvre, presque, dans un climat de débâcle et de désespoir. « Au total, ce sont 900 tonnes d’or qui sont à embarquer, dans des caisses, majoritairement, mais aussi des sacs en toile de jute qu’on entrepose dans les soutes des navires sans précautions. Une fortune considérable. Une partie des réserves de la Banque de France », précise l’écrivain Daniel Braud, qui a publié L’Or de Brest (2021), un roman inspiré de cet épisode historique.

C’est un trésor national qu’il faut, en ce 18 juin, mettre à l’abri au plus vite, car les Allemands fondent sur le pays. Quatre jours plus tôt, ils sont entrés dans Paris. La rumeur court qu’ils sont déjà en Bretagne. Rennes serait tombée. Ensuite, ce sera le tour de Brest, le dernier port avant l’Amérique, une prise de guerre hautement stratégique. C’est la débandade. Bientôt, le drapeau à croix gammée flottera sur l’hôtel de ville. Mais, avant cela, il faut empêcher que cet or français ne revienne à l’ennemi.

900 tonnes d’or direction le Soudan français

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L’article complet: Ouest France