Nancy (54) : « On s’aime et puis voilà… » Ali Sid Ahmed assomme sa compagne à coups de téléphone, 18 mois de prison ferme

Un Nancéien d’une quarantaine d’années a été condamné, ce vendredi 19 août, une peine de prison ferme pour avoir lancé un téléphone au visage de sa compagne, qui a perdu connaissance. Le quadra avait ensuite disparu dans la nature durant un an avant d’être retrouvé, arrêté, jugé et condamné.

« On s’aime et puis voilà… » Ali Sid Ahmed se présente comme un homme amoureux. Mais si ce quadragénaire est devant le tribunal de Nancy ce vendredi, c’est parce qu’il a plus tendance à faire la guerre que l’amour avec sa compagne.

L’avocat de la défense, Me Kevin Duprat, a plaidé la relaxe.

Ce qui lui a déjà valu d’être condamné à de la prison ferme en 2015. À ce moment-là, sa concubine n’avait pas hésité à sauter par la fenêtre pour échapper à une scène de ménage violente, quitte à se casser les deux jambes.”

Elle s’écroule inconsciente

Tous deux se sont remis ensemble par la suite. Et il y a un an, le 6 août 2021, une dispute sur fond d’alcoolisation massive des deux côtés, s’est de nouveau mal terminée. Excédé que sa compagne refuse de lui donner de l’argent pour participer à des jeux en ligne, le quadragénaire lui a lancé un téléphone dessus. Sa concubine a pris l’appareil en pleine figure et s’est écroulée. Inconsciente.

Lorsqu’elle a repris ses esprits, son compagnon était sur le point de l’amener à l’hôpital. Il ne l’a finalement pas fait. Il aurait, au contraire, piqué un nouveau coup de colère et mis plusieurs coups de poing dans la figure de l’élue de son cœur.

Celle-ci a pris la fuite. Elle a été rattrapée et tiré par les cheveux. Avant de parvenir à s’échapper pour de bon. Elle a rallié la rue et arrêté le conducteur d’une dépanneuse qui a prévenu les secours.

Recherché durant un an

Les policiers ont cherché durant plusieurs jours à retrouver le quadragénaire violent. Mais celui-ci a disparu de la circulation. « J’habite sous les combles. En été, la chaleur est infernale et je ne suis jamais chez moi », se justifie le prévenu qui conteste être parti en cavale. Toujours est-il qu’un mandat de recherche a été émis contre lui et il a fallu un an pour le retrouver.

Il a été reconnu par un policier cette semaine alors qu’il sortait de la mairie de Nancy. Il a été aussitôt arrêté et placé en garde à vue. Interrogé sur le lancer de téléphone d’il y a un an, il prétend n’en avoir « aucun souvenir ». Et de préciser qu’il a repris la vie commune avec sa compagne.

Celle-ci a d’ailleurs écrit au tribunal pour revenir sur ses accusations et indiquer qu’elle n’aurait jamais pris le téléphone dans la figure, ni été victime de violences physiques.

Protéger la victime « malgré elle »

Mais les certificats médicaux réalisés lorsqu’elle a été hospitalisée après les faits, disent le contraire. Les médecins ont constaté qu’elle avait plusieurs plaies au visage et au cuir chevelu. Elle avait aussi des marques sur les bras.

« C’est le rôle de la justice de protéger les victimes, même malgré elles », estime la substitut du procureur, Jenifer Boirot, qui requiert trois ans de prison ferme. L’avocat de la défense, Me Kevin Duprat, plaide lui la relaxe : « On ne peut pas se fier aux versions fluctuantes d’une plaignante qui était en état d’ébriété avancée. Elle a pu chuter, se battre avec une autre femme ou être agressée par un autre homme ».

Son client a néanmoins été condamné. Jugement : 18 mois de prison ferme et interdiction d’entrer en contact avec la victime durant trois ans.

L’Est Républicain