Nantes : Forte mobilisation contre l’expulsion de Bangaly, apprenti-charpentier modèle guinéen

Une pétition prend de l’ampleur sur la plateforme Change.org, pour contester l’expulsion de Bangaly Soumah, apprenti charpentier de 18 ans. Le jeune Guinéen, qui vient d’acquérir la majorité, est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français.

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Aidez-nous à sauver notre apprenti charpentier BANGALY de l’expulsion !” Voilà l’intitulé d’une pétition créée sur Change.org et qui a déjà réuni plus de 18.000 signatures. Le jeune Guinéen Bangaly Soumah vient d’acquérir la majorité, la préfecture de Loire-Atlantique lui a donc envoyé une notification d’obligation de quitter le territoire français avant le 15 février. “C’est pas facile. Je fais tout ce que je peux, pour avancer. Cela me fait un peu mal au cœur“, s’attriste l’apprenti.

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Un élève modèle

Bangaly Soumah est en France depuis trois ans, et il a passé les deux tiers de son séjour à batailler avec l’administration. Elle contestait la légalité de son acte de naissance. Finalement, la justice a donné raison au jeune homme en octobre 2020, en appel. Au lycée des métiers du BTP Jules Michelet de Nantes, ses professeurs saluent le sérieux et la motivation de l’apprenti. Tout comme son employeur, Arnaud Christophe à Sainte-Luce-sur-Loire. “C’est quelqu’un qui est très motivé, souriant, jovial et consciencieux. C’est lui qui arrive le premier à l’heure le matin, c’est lui qui ouvre le portail de l’atelier.” 

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Son patron, Arnaud Christophe, est l’un des premiers à avoir signé. La solidarité qui se crée autour du jeune homme lui donne de l’espoir. « Bangaly est intégré, il a un boulot, il n’y a aucune raison qu’il parte, estime le dirigeant de l’entreprise Christophe à Sainte-Luce-sur-Loire, qui compte 17 employés. On l’a d’abord pris en stage un mois, et depuis septembre il est avec nous en alternance, pour son CAP. C’est un très bon élément, ça se passe bien, avec tout le monde. Tout ce que je demande, c’est de continuer à le former et de l’embaucher pour de bon, s’il le souhaite ! »

L’employeur, la famille d’accueil et les associations sont bien décidés à mettre la pression sur le préfet pour régulariser Bangaly Soumah. L’histoire rappelle la mobilisation du boulanger, dans le Doubs, le mois dernier. “On n’en est pas à la grève de la faim, mais dans l’absolu, pourquoi pas“, répond Arnaud Christophe. “Nous on en a besoin de Bangaly. Le bâtiment a une telle pénurie de main-d’œuvre. On a des collègues en Loire-Atlantique qui sont dans la même situation, qui nous appellent au sujet de la pétition. Cela donne des idées, et ça se réveille au fur et à mesure.” L’apprenti a également déposé un recours contentieux contre l’OQTF. 

20 Minutes