« Négrophobie d’État » : Renvoi du procès du Guadeloupéen qui avait dégradé la statue de Colbert devant l’Assemblée Nationale

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Le procès de l’auteur du tag “Négrophobie d’Etat” inscrit en juin sur la statue de Colbert devant l’Assemblée nationale a été renvoyé vendredi par le tribunal correctionnel de Paris au 18 janvier. 

Franco Lollia, un Guadeloupéen de 48 ans, est venu au tribunal accompagné d’une vingtaine de soutiens, parmi lesquels certains portaient des tee-shirts “Brigade antinégrophobie“. Il a demandé le renvoi de son procès, son avocat se trouvant en Martinique.

Le militant a été arrêté fin juin après avoir recouvert de peinture rouge la statue du ministre de Louis XIV, ciblé pour son rôle dans la pratique de l’esclavage. Il a inscrit “Négrophobie d’Etat” sur le socle de la statue, qui avait ensuite été nettoyée dans la nuit.

Dans cette vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le collectif “anti-négrophobie” avait retransmis en direct l’action du Guadeloupéen.

Le porte-parole du collectif Brigade anti-négrophobie devait être jugé pour avoir tagué et jeté de la peinture sur la statue du ministre de Louis XIV devant l’Assemblée.

Les faits ont eu lieu dans la soirée du mardi 23 juin. Un militant antiraciste tague « Négrophobie d’État » en lettres rouges sur le socle de la statue de Colbert devant l’Assemblée nationale à Paris, avant de jeter de la peinture rouge sur le torse et les jambes de la statue puis d’être arrêté, dans la foulée, par les forces de l’ordre. Sur la vidéo de son action, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux par le collectif Brigade anti-négrophobie, dont il est le porte-parole, on l’entend justifier son acte : « Ce qui est interdit, c’est le racisme. Cet homme-là fait l’apologie de la négrophobie. »

La statue a été nettoyée le lendemain, et l’homme libéré après sa garde à vue. Ce vendredi 14 août, il est convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris, où il sera jugé en début d’après-midi pour des faits d’« inscription, signe ou dessin réalisés sur une façade, une voie publique ou du mobilier urbain ».

Colbert, cible des militants antiracistes

La dégradation de la statue avait été vivement condamnée par des élus de tous bords, à commencer par le président de l’Assemblée Richard Ferrand(LREM) : « Dans la vie d’un homme public du XVIIe siècle, il y a forcément des parts d’ombre et des parts de lumière », avait-il réagi, estimant que cela ne « serait peut-être pas une mauvaise idée d’enrichir ces statues d’une plaque, d’un panneau qui explique pourquoi cette statue est là, les faits saillants d’un personnage, les faits glorieux comme ceux qui le sont moins ».

Ministre de Louis XIV, Colbert est la cible de militants antiracistes pour avoir été à l’origine du Code noir pour les Antilles françaises, suivi d’autres Codes noirs dans les autres colonies. Un texte pensé pour poser des règles sur la pratique de l’esclavage dans les colonies. « Son texte va encadrer ces relations maître-esclave, et de ce fait les légaliser », explique France Info.

Dans une tribune publiée sur Mediapart au début du mois et signée par des associations militantes, mais aussi des artistes et des personnalités politiques, dont Danièle Obono (LFI) et Philippe Poutou (NPA), le collectif Brigade anti-négrophobie défend de nouveau son action. « C’est pour réparer l’oubli insupportable et insultant pour la mémoire des victimes et de leurs descendants que les militants de la Brigade anti-négrophobie dénoncent le Code noir et Colbert depuis près de deux décennies par des moyens juridiques et pacifiques, dans l’indifférence totale d’une nation qui prône la liberté d’expression mais qui, dans la réalité, en réserve certains usages à des communicants autorisés qui monopolisent la parole et forgent l’opinion publique. »

Le Point

6 Commentaires

  1. Renvoi du Guadeloupéen en Guadeloupe qui avait dégradé la statue de Colbert devant l’Assemblée Nationale.

  2. Par contre, en Afrique:

    “Ils seraient entre 300.000 et un million d’enfants à travailler dans le cacao ivoirien. Corvéables à merci, ils peuvent être affectés à toutes les tâches possibles. Abidjan met en place un plan de lutte pour tenter d’y mettre fin. Mais la tâche s’avère difficile face à une mafia opérant dans les pays frontaliers. Elle a fait du trafic d’enfants vers la Côte d’Ivoire, un marché juteux.”

    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/societe-africaine/trafic-denfants-en-cote-divoire-dans-lenfer-des-plantations-de-cacao_3057285.html

  3. Commentaire d’un lecteur du Point :

    “Ce n’est pas une vision partagée

    Le Code noir était un grand progrès puisque les esclaves devenaient grâce à lui des hains et non pas du bétail comme dans les colonies des autres puissances comme l’Angleterre ou l’empire ottoman. Les Maîtres n’avaient plus le droit de vie et de mort et il y avait un jour de repos par semaine. Alors bien sûr ce n’était pas parfait tout comme la fin de la torture n’a pas aboli la peine de mort.
    Mais c’était tout de même un progrès aussi. Les défenseurs de la cause noire devraient au contraire faire une place d’honneur à Colbert (et à Voltaire qui en était l’inspirateur)”

  4. enrichir ces statues d’une plaque, d’un panneau qui explique pourquoi cette statue est là

    Ah, oui, et en quelle dialecte?

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