Nevers (58) : « Dégage sale nègre avec ta variole du singe. Va manger tes bananes », un candidat aux législatives dépose plainte pour racisme

Orny Impenge, candidat de gauche pour les législatives dans la première circonscription de la Nièvre, affirme avoir reçu un courrier raciste, lundi 6 juin, dans sa boîte aux lettres. Il dépose plainte. 

« Dégage sale nègre avec ta variole du singe. Va manger tes bananes », c’est la teneur du courrier qui aurait été déposé dans la boîte aux lettres personnelle d’Orny Impenge, candidat de gauche aux élections législatives, lundi 6 juin. 

Orny Impenge dépose plainte contre un courrier raciste.

Sur ces réseaux sociaux et son site, Orny Impenge a partagé ce courrier accompagné d’un texte dans lequel il déclare : « Quand on est à court d’arguments, le poison du racisme enlève tout sens et toute intelligence aux êtres humains […]. »

Une plainte déposée

Contacté, Orny Impenge assure « aller déposer plainte dans la journée (mardi 7 juin) ». Le candidat se dit « las de ce genre de commentaire. J’ai déjà reçu des insultes racistes. Mon frère, pas plus tard qu’il y a trois semaines. Ce week-end, l’équipe de foot de Cosne aussi. Stop. Il faut que ça cesse. »

Dégouté, Orny Impenge veut que « ce soient les auteurs qui soient pointés du doigt et non plus les victimes. Je ne suis pas dans la victimisation, il y a des lois, il faut les faire respecter. » 

Quand un noir devient une idole du foot français, il n’y a pas de problème, mais lorsque c’est pour faire de l’entrepreneuriat ou de la politique, on n’a plus le droit ?

« Je pense que ce message est en lien avec ma candidature. Quand un noir devient une idole du foot français, il n’y a pas de problème, mais lorsque c’est pour faire de l’entrepreneuriat ou de la politique, on n’a plus le droit ? Je dis non », s’insurge le candidat. Il ajoute : « Je ne laisserai pas des imbéciles briser des gens. Le racisme est condamnable. Il faut des réponses fermes. Voilà pourquoi je porte plainte. »

Sur les réseaux sociaux, Orny Impenge conclut son texte sur une note d’humour (“Et en plus, la banane est mon fruit préféré”), qu’il explique : « Je ne vais pas rentrer dans le jeu de ces personnes en commençant à les insulter. Ça ne mènera nulle part. »

Orny Impenge a, pour l’heure, reçu des messages de soutien de plusieurs candidats aux élections, de tous bords politiques confondus. 

Orny Impenge, 37 ans, cadre supérieur dans le secteur des nouvelles technologies, et Manon Bonnevie, 26 ans, artisan, viennent de déclarer leur candidature pour les élections législatives, dans la première circonscription de la Nièvre.

https://youtu.be/A_CnL0M0QDk

« Néophytes de la politique », ils disent émerger d’un mouvement d’une centaine de jeunes, de Cosne à Imphy en passant par Nevers, « rassemblés sur des idées », la première étant de suivre l’avis de la population de la circonscription au moment des votes, dans l’esprit d’une « démocratie plus directe », insiste Orny Impenge.
S’il n’a jamais été engagé dans aucun parti, ce dernier a « grandi avec les valeurs universelles de gauche », fils de Richard Impenge, ancien élu socialiste à Nevers. Très tôt, sa participation au Conseil municipal Jeune d’Imphy a forgé son désir d’engagement citoyen.

Aujourd’hui “Marketing & Experience Design Director” dans une entreprise spécialiste de la transformation numérique, il participe aussi au collectif Diversitech, qui agit pour l’orientation des jeunes issus des milieux ruraux et des quartiers populaires vers les nouveaux métiers du numérique. Localement, il avait tenté en 2019 de relancer le club de football du Sud-Nivernais Imphy-Decize, expérience qui avait tourné court.

Sans étiquette, le binôme affiche quelques principes, comme la retraite à 60 ans : « On a tendance à opposer les métiers sur la pénibilité, mais pour les cadres qui travaillent dans les bureaux, il y a aussi des maladies psychologiques. Même dans le high-tech, il y a des gens qui décrochent à 60 ans… On travaille pour vivre, on ne vit pas pour travailler » résume Orny Impenge.

Sur le pouvoir d’achat, il veut « pousser les entreprises à aller plus loin dans le partage des richesses ». En matière d’emploi enfin, et au regard de son expérience, il souhaite accompagner davantage les jeunes sur la voie du numérique, sans tomber dans la “start-up nation” : « Je crois beaucoup au salariat et à l’entreprise responsable… » 

Le Journal du Centre