New York : La statue de la Liberté change de visage pour rendre hommage aux migrants

L’artiste Paola Vivi a créé une réplique de la statue de la Liberté portant un masque de petit garçon asiatique.

C’est une belle manière d’honorer l’histoire de l’immigration aux États-Unis. Installée sur la High Line, promenade incontournable de Manhattan, l’œuvre de Paola Vivi, qui a créé une réplique de la statue de la Liberté, honorera tous les deux mois un·e exilé·e différent·e, en y présentant son visage grâce à un masque en forme d’émoji.

Située en face de la gigantesque statue de la liberté, cette installation baptisée You Know Who I Am (“Vous savez qui je suis”) a été expliquée dans un communiqué de presse de la High Line: “Chaque masque représente un individu dont l’expérience de la liberté est liée aux États-Unis, offrant le sentiment que n’importe qui peut être représenté dans le symbole de la statue.” You Know Who I Am ouvre le débat sur “la liberté […] aux États-Unis”.

Cecilia Alemani, la commissaire en charge de la programmation artistique de la High Line, a déclaré au New York Times que l’œuvre est “une invitation à réfléchir au sort de tous les individus dont les expériences collectives, pleines d’espoir et d’épreuves, composent la réalité de l’immigration aux États-Unis”. Six personnes seront représentées dans le cadre de cette installation ; vous pouvez découvrir l’histoire de chacune d’entre elles sur le site de la High Line.

Le masque actuel représente l’histoire personnelle de Paola Vivi, puisqu’il s’agit du visage de son fils adoptif Norbu, un Tibétain exilé aux États-Unis en 2012. La procédure d’adoption fut extrêmement compliquée puisque l’artiste et son mari ont dû se battre avec la justice pendant quatre ans pour que le petit garçon puisse bénéficier de la citoyenneté états-unienne. Au cours de cette bataille, la statue de la Liberté est devenue un emblème symbolique pour le couple.

Le prochain immigré à être honoré par l’œuvre sera Marco Saavedra, un Mexicain ayant migré aux États-Unis quand il était enfant. C’est un fervent militant du droit des immigré·e·s qui s’est longtemps battu pour obtenir son droit d’asile. Marco Saavedra travaille dans le restaurant de sa famille, La Morada, dans le sud du Bronx. Il s’agit d’une cuisine solidaire qui fournit des repas gratuits aux membres de sa communauté et plus largement, aux personnes défavorisées.

Courrier international