Nîmes (30) : À la tête d’un vaste réseau de prostitution, six légionnaires du 2e REI, originaires d’Europe de l’est, interpellés et mis en examen

Un réseau national de prostitution a été démantelé en fin de semaine dernière entre le Gard et les Bouches-du-Rhône. Six militaires ou anciens militaires, notamment basés à Nîmes (Gard) où est installé le 2e régiment d’infanterie de la Légion étrangère (1300 hommes), ont été interpellés par les policiers du Raid et de l’Office central de lutte contre la traite des êtres humains (OCRTEH) après un an d’enquête.

Les militaires et anciens képis blancs incriminés organisaient la venue de jeunes femmes originaires d’Europe de l’Est.

Soupçonnés d’être à la tête de ce réseau, ils ont été mis en examen pour « traite des êtres humains, proxénétisme aggravé, et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime ». À cette heure, ni l’armée, ni la justice n’ont confirmé ou infirmé le nombre de militaires impliqués dans cette affaire.

Les six suspects sont originaires d’Europe de l’Est et ont été déférés ce vendredi 22 octobre devant un juge d’instruction de Marseille, avec des réquisitions de mandat de dépôt prises par le parquet.

“Une grande quantité de préservatifs”

L’enquête a débuté en novembre 2020 lorsque les douaniers de Saint-Nazaire ont contrôlé “une ressortissante ukrainienne e possession d’une importante somme d’argent et d’une grande quantité de préservatifs” indique à Midi Libre une source judiciaire. Interrogée, la jeune femme a reconnu qu’elle se livrait à la prostitution, au sein d’un réseau dirigé depuis Nîmes.

L’enquête était alors confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, chargée de réprimer la criminalité organisée dans le sud-est de la France : une information judiciaire pour “proxénétisme aggravé en bande organisée, blanchiment aggravé, traite des êtres humains en bande organisée et association de malfaiteurs criminelle” est alors ouverte, et confiée à la DTPJ de Montpellier, à l’OCRTEH et  la DDSP de Loire-Atlantique. 

Des standardistes recrutées pour répondre aux clients

L’enquête a confirmé que ce réseau “géré depuis Nîmes par d’anciens et actuels légionnaires” organisait l’arrivée sur notre territoire de jeunes femmes en provenance des pays de l’Est, la location d’appartement, la publication d’annonces sur le web, ainsi que le recrutement de standardistes, pour gérer les rendez-vous avec les clients. 

Les déplacements des prostituées étaient organisés sur tout le pays par le même réseau, qui collectait ensuite les gains des passes. 

Le Figaro