Nîmes (30) : Une paroisse protestante accueille les migrants

La paroisse de l’Église protestante unie “La Fraternité” héberge des migrants. Un engagement qui se poursuit malgré la crise sanitaire.

C‘est Dieu qui m’a amené ici, c’est le destin », témoigne Emmanuel, un jeune Nigérian de 22 ans (le prénom a été changé). Arrivé à Nîmes en 2015, il a eu la chance de suivre une formation en maçonnerie. Mais, faute de l’autorisation nécessaire, il ne peut pas répondre aujourd’hui à deux propositions d’embauche. « Mon projet, c’est d’avoir un travail, poursuit Emmanuel. Je n’ai rien fait de mal, j’ai besoin d’avancer dans la vie. » En attendant, avec un autre migrant, il partage un petit chalet dans le jardin du temple de la Fraternité.

L’accueil des Afghans

A l’automne 2009, 20 jeunes Afghans sont accueillis d’urgence à la Fraternité : ils sortent tout juste du centre de rétention administrative de Nîmes, après avoir été évacués de la « jungle » de Calais. Leur arrivée suscite alors un grand élan de solidarité impliquant la paroisse catholique et la mosquée voisines, des associations et des particuliers.

« Le conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Nîmes a soutenu cet accueil à l’unanimité, au-delà des divergences politiques, rapporte Iris Reuter, pasteure de la Fraternité. L’humanité a primé sur certaines positions de principe. » Ces premiers migrants, soutenus notamment par l’Association des Afghans de Montpellier (Adam), ont réussi à s’intégrer en France : après avoir obtenu leurs papiers, la plupart ont trouvé un travail.

Un engagement pérenne

Depuis, la paroisse de la Fraternité héberge d’autres migrants, de diverses nationalités : de jeunes hommes célibataires, principalement, mais aussi des familles, des femmes seules avec enfants. « La relation à l’autre, au Tout-Autre, est au coeur de la foi chrétienne, rappelle Iris Reuter. Et l’étranger est une figure de l’autre, si différent de nous par son origine, sa langue et sa culture. » à la Fraternité, un groupe de sept personnes dont trois membres de la paroisse, porte l’accompagnement des migrants.

« Être avec l’autre dans cette difficulté que je n’imaginais même pas, c’est mettre en acte ce que je crois, confie Charles George, l’un des bénévoles. On peut vivre la relation d’amour de bien des façons mais là ça saute aux yeux. » Ces bénévoles travaillent en partenariat avec la Cimade, Rebonds et l’Association protestante d’assistance (Apa). « La crise sanitaire est horrible pour les migrants, s’alarme Iris Reuter. Les délais de traitement des dossiers se rallongent et il est quasiment impossible d’obtenir des rendez-vous à la préfecture ou ailleurs. »

Le collectif d’accompagnement des migrants ne se contente pas de coordonner les démarches et l’accueil matériel : logement, nourriture, vêtements, santé… Il pilote aussi des activités de socialisation qui reprendront dès que la situation sanitaire le permettra : les cours de français langue étrangère et un atelier cuisine. « L’apprentissage du français est important, mais c’est presque un prétexte, explique Charles George. Dans ces cours, nous accueillons tous les migrants qui le souhaitent, toute l’année, quel que soit leur niveau. »‘ 

À Savoir
Site web : nimes-eglise-protestante-unie.fr Tél. de la Fraternité : 04 66 64 54 48.

La Vie