Niort (79) : Ayouba Djomande, jeune électricien guinéen, a trouvé l’estime de soi et un emploi grâce au parrainage

Le jeune Guinéen d’origine a été accompagné par la Mission locale et une agence d’intérim qui l’a finalement embauché en tant que CDI intérimaire.Le jeune Ayouba aujourd’hui 20 ans, entouré des responsables de la Mission locale 79 et d’agence d’intérim impliqués dans le dispositif de parrainage.

Lorsqu’il a posé les pieds sur les quais de la gare de Niort en juillet 2017 Ayouba Djomande n’imaginait qu’il s’agissait d’un premier pas vers un nouveau destin. Le Guinéen d’origine se souvient avec un brin d’émotion : « C’est le contrôleur qui m’a fait descendre parce que je n’avais pas de ticket. » Pourtant, ce vendredi après-midi dans les locaux de la Mission locale 79, Ayouba est rayonnant. Autour de lui, la directrice et les conseillères de la structure, et deux responsables d’agence d’intérim niortaise, lui prêtent volontiers la vedette. La raison, il est l’exemple de la réussite du dispositif « Parrainage » mis en valeur à cette occasion.

Pour faire simple être parrain ou marraine consiste à accompagner une personne dans son parcours de recherche d’emploi. Un soutien qui passe par des rencontres, un suivi personnalisé, l’aide à s’approprier des outils (CV, lettre de motivation, réseaux sociaux…), des conseils pour les formations… bref tout un dispositif destiné à dynamiser sa recherche d’emploi, à retrouver confiance en soi. Ces belles idées sont dans les textes des fiches qui décrivent le processus. La démonstration palpable, c’est plutôt dans les mots d’Ayouba et de ceux qui l’ont accompagnée qu’elle s’entend, se comprend : « Je ne savais même pas ce que c’était qu’un CV. »

Pourtant, arrivé à Niort en tant que mineur non accompagné, hébergé à l’hôtel Alladin, Ayouba trouve rapidement le chemin de la mission locale mais aussi la voie pour trouver un premier job : « Je montais des chapiteaux pour une société événementielle. » « Il avait soif de travailler, nous avons senti en lui une volonté » C’est à ce moment-là, que le déclic s’est produit pour Ayouba. Car sa passion, c’est plutôt l’électricité. « J’avais envie de faire quelque chose qui me plaît et j’ai mis fin à ce contrat. » Direction le CFA pour l’obtention quelques mois plus tard d’un CAP d’électricien.

Dans ce parcours, le parrainage vers l’emploi s’est avéré précieux. Jordan Lej, chargé de recrutement à l’agence Agentis témoigne. « Il avait soif de travailler, il était prêt. Nous avons senti en lui un potentiel et une volonté. » Aux hésitations d’Ayouba pour se lancer, à ses moments de découragement parfois, le parrain a apporté des réponses, un soutien : « Je lui disais : “ Tu n’abandonnes pas ”. »

Retrouver une estime de soi Car la réalité de l’emploi est là : « Des électriciens on en cherche. » Cette opportunité de pouvoir s’appuyer sur un jeune motivé, c’est du gagnant-gagnant pour l’employeur. Depuis le 1er février, Ayouba bénéfice d’un contrat à durée déterminée au sein d’Agentis où travaille Jordan. La possibilité en plus de jobs de bénéficier de formations complémentaires. À 20 ans aujourd’hui, des papiers et le permis, en poche, Ayouba est volontiers pris en exemple par tous ceux qui l’ont accompagné : « Le parrainage, c’est aussi cela. On apporte une considération, on permet de retrouver une estime de soi. »

La Nouvelle République