“Nos ancêtres les Gaulois” : Un mythe déconstruit par l’archéologie ?

Le Gaulois occupe une place à part dans la constitution du “roman national”. Tous les régimes politiques l’ont instrumentalisé avant que l’archéologie récente ne fasse tomber les clichés qui lui sont associés.

Ils ont tous eu leur petite formule. De Nicolas Sarkozy, qui estimait que “dès que l’on devient français, [v]os ancêtres sont gaulois”, à Emmanuel Macron dépeignant des “Gaulois réfractaires“, nombre d’hommes politiques de la Ve République ont joué sur cette prétendue filiation. Cela valait aussi pour François Mitterrand, si souvent cité pour son érudition, qui a cherché à se faire enterrer au sommet du mont Beuvray, où Vercingétorix fut, de façon très provisoire, proclamé chef des tribus coalisées !

Or, s’ils occupent une place prépondérante dans le “roman national”, les Gaulois sont un mythe au sens littéral. “A savoir qu’ils sont une réinterprétation du réel pour inciter, en théorie, la société à aller au-delà d’elle-même”, éclaire Laurent Avezou, professeur à l’Ecole nationale des chartes (Toulouse) et auteur de La Fabrique de la gloire : héros et maudits de l’Histoire (PUF, 2020). 

Même s’il puise ses racines dans un lointain passé, le mythe gaulois demeure une invention récente. Aux premiers temps de la monarchie franque prime la filiation avec ces “rois très chrétiens”. Mieux, nos têtes couronnées, qui entretiennent un complexe d’infériorité vis-à-vis des illustres Romains, cherchent à réécrire leur légende.

D’où l’énonciation d’une origine troyenne fumeuse : après la chute de Troie, une partie de ses habitants, sous la direction d’un certain Francus (ou Francion), se serait installée après une longue errance sur les bords du Rhin, où elle se serait dotée d’un roi (Pharamon), dont Clovis serait le descendant. Une façon habile de nous donner la même ascendance que les Romains – eux seraient issus d’Enée et nous de ce fameux Francus. Sauf qu’il n’existe nulle trace de cet aïeul dans les textes et que son nom semble apparaître au VIe siècle de l’ère chrétienne sous la plume de Grégoire de Tours, qui l’aurait tenu de la tradition orale. A quand remonte alors le mythe gaulois ?  […]

« Nos ancêtres les Gaulois ! » La formule se dresse dans notre mémoire collective comme un élément central du discours sur l’identité porté par le roman national tel qu’il s’est longtemps écrit [1]. Elle résonne comme un cri politique où se croisent stéréotypes, dénigrements, slogans, affirmations identitaires et fiertés résistantes. Civilisation sans langue propre écrite, maintenue durant des siècles dans l’ombre des prestigieux voisins grecs et romains, la réalité du passé gaulois a été lentement découverte par une archéologie balbutiante et parfois idéologisée, peinant face à des traces souvent difficiles d’interprétation [2].

Au fil des siècles, les Gaulois apparaissent progressivement comme des ancêtres paradoxaux, fiers de leur liberté mais désunis, attachants mais querelleurs et par trop portés sur la boisson, redoutables guerriers mais vaincus. En regard de celle des Francs [3], l’histoire des Gaulois est, en France mais pas seulement, un véritable miroir sur lequel les époques successives se penchent pour tenter de répondre à la question existentielle et identitaire de « qui sommes-nous [4]? » En cela, l’expression « Nos ancêtres les Gaulois » est éminemment culturelle et politique. L’avantage de ces discours historiques est de nous révéler des enjeux politiques de chaque époque.

Ainsi essentialisés, les Gaulois oscillent entre la figure repoussoir de l’Autre, celle de l’ancêtre originel du peuple ou de l’ensemble de la nation [5]. Leur histoire a servi à argumenter dans les débats sur l’identité et la cohésion de la nation, sur la vigueur militaire et les prétentions géopolitiques de la France. On les trouve même mobilisés dans les débats sociaux et médicaux sur des caractéristiques morales ou physiologiques comme dans le cas de la lutte contre l’alcoolisme à la fin du XIXe siècle. Tout cela a bien été étudié pour la IIIe République et son école [6].

À cette époque, le discours sur la nation est parfois motivé par la volonté de faire « des Français des Français » comme l’affirmait Eugen Weber [7] et de « nationaliser » la société [8]. Il renvoie finalement à la question du verbe performatif, le fait de présenter comme une réalité évidente ce qui n’existe pas encore et qui contribue à le faire advenir car, d’une certaine manière, « dire c’est faire [9] ». On en déduit l’importance de l’usage politique de l’histoire, du recours à sa supposée évidence et au caractère (faussement) indiscutable de ce que l’on présente comme ce qui a réellement été.

Mais cet usage politique de l’histoire s’applique aussi en grande partie à d’autres siècles. Il faut ainsi procéder à une archéologie de l’expression « Nos ancêtres les Gaulois » pour se rendre compte qu’elle est le résultat d’une véritable fabrique au long cours ponctuée par des périodes de réinvestissements plus intenses. Pour ne citer que quelques jalons, ces stéréotypes se construisent à Rome dès l’époque des Gaulois dans l’élaboration d’une figure d’altérité en contrepoint de l’urbanitas. Les Gaulois sont déjà qualifiés d’illustres ancêtres, et de pères, au XVIe siècle, à une époque d’affirmation de la nation dans des formes certes différentes de celles qu’elle prend au XIXe siècle [10].

Au XXIe siècle, le discours politique, non seulement présidentiel, est régulièrement émaillé de références aux Gaulois et l’on voit bien de quelle manière les « Gilets jaunes » y ont aussi recours en inversant la connotation négative du « Gaulois réfractaire » pour en faire un honneur – comme le firent les « sans-culottes » durant la Révolution – de la même manière que la couleur jaune, longtemps dénigrée, leur devient un signe positif de ralliement et d’identification [11].

En somme, l’histoire des Gaulois est un formidable laboratoire pour observer les rapports entre savoirs et politique. Il n’est pas inacceptable que le politique use d’arguments historiques, bien au contraire, aux côtés d’autres usages – culturels, sociaux, civiques, récréatifs… – de l’histoire. Ce qui pose problème, c’est lorsque l’exigence de rigueur et de véridicité qui structure le rapport de l’histoire et des historiens au passé est niée consciemment à des fins politiques.

Alors, loin des réalités que les historiens et les archéologues parviennent patiemment et précautionneusement à reconstituer, les usages de l’histoire substituent l’assurance inébranlable du politique aux incertitudes prudentes de l’historien, jouent avec légèreté des parallèles rapides et des fausses similitudes, ignorent les risques d’anachronismes, oublient volontairement la complexité et la fluence de la vie au profit de la simplicité du discours, glissent de la démonstration rigoureuse à l’efficace du slogan, et, dans le pire des cas, feignent de croire ce qu’ils disent.

Cette instrumentalisation de l’histoire trouve dans celle des Gaulois une dimension supplémentaire car elle intègre la question des origines de l’ensemble de la nation qui soulève des problèmes tant historiques, épistémologiques, philosophiques que politiques [12]. La quête d’un ancêtre originel unique et absolu, d’un peuple ou d’une nation, revient à confondre la longue durée avec d’hypothétiques déterminismes historiques qui, par la puissance de l’atavisme, feraient que les siècles se succéderaient sans affecter l’identité collective.

Cette recherche relève d’un positionnement rétrospectif et rétrodictif, comme la quête d’un horizon passé dans lequel les sociétés présentes parviendraient à se voir telles qu’elles se pensent ou telles qu’elles aspirent à être. Le danger des usages publics et politiques de l’histoire est aussi de risquer d’oublier la complexité du passé et la multiplicité des origines. Car, comme l’écrivait Michel Foucault, « ce qu’on trouve, au commencement historique des choses, ce n’est pas l’identité encore préservée de leur origine – c’est la discorde des autres choses, c’est le disparate [13] ».

Soumettre le savoir au politique, voire à la politique, revient souvent à voir le passé comme un vivier de figures archétypales, aussi évidentes qu’incontestables, dans lequel tout un chacun pourrait puiser sans précaution aucune, sans aucun souci d’exactitude historique, mû par la seule volonté de se forger un argument d’autorité à même d’appuyer la vision et les choix politiques du moment, en mêlant, avec allégresse et cécité, histoire nationale et identité (souvent au singulier), en confondant le passé (ce qui fut), l’histoire (ce que l’on croit pouvoir en dire en toute rigueur) et le présent (le lieu du monde où l’on agit). Dans ce cas, le discours sur les origines prend la voix du passé pour dire le présent.

Ce dossier s’intéresse à l’étude de cet usage politique de l’histoire des Gaulois en reprenant – de l’Antiquité à nos jours, de César à Emmanuel Macron, de Sénèque aux « Gilets jaunes » – la façon dont ils ont été imaginés, forgés et réinvestis dans les discours contemporains. Son organisation répond à une approche culturelle du politique et à une histoire longue des usages politiques de l’histoire. Le premier article explicite les raisons pour lesquelles les stéréotypes sur les Gaulois émergent dès l’Antiquité.

Pascal Montlahuc y montre de quelle manière les époques républicaine et impériale constituent une période fondatrice dans les relations culturelles et politiques entre la Gaule et Rome et dans la construction des stéréotypes sur les Gaulois. En s’intéressant à la documentation littéraire, jusque-là assez peu exploitée de ce point de vue, il met en évidence les références culturelles en œuvre dans le « faire rire » politique et contribue à l’historicisation des stéréotypes antiques. À la suite d’une plaisanterie jouant sur les différents sens du terme gallus – coq et Gaulois – Sénèque contribue à une essentialisation des Gaulois en les assimilant au gallinacé vivant dans les excréments.

Pascal Montlahuc déconstruit ce procédé humoristique qui repose sur un stéréotype xénophobe et qui met en évidence l’idéologie aristocratique romaine marquée par l’urbanitas. Derrière la remarque de Sénèque, il ne faut pas ignorer que ce bon mot porte un discours politique visant à dénoncer l’inclusion des Gaulois à la cité romaine. On voit bien se sceller, dès l’Antiquité, l’image exogène du Gaulois rustique, dans un discours politique péjoratif et discriminant, et porté par un procédé humoristique.

Le Moyen Âge constitue une deuxième étape fondamentale dans le recours politique et idéologique à l’histoire des Gaulois. Franck Collard souligne le fait que les Gaulois ne sont pas absents des récits historiques dans la première moitié du Moyen Âge, puisque de nombreuses sources antiques circulent. Mais les Gaulois apparaissent lestés par leur situation de vaincus, modestement replacés dans une histoire qui se veut universelle. Ils sont aussi utilisés en Italie dans le cadre d’un autre discours politique, francophobe celui-ci. Ils ne sont donc pas rattachés à l’histoire de la lente élaboration de la monarchie française.

La quête des origines se tourne bien plus vers l’histoire biblique, troyenne et franque, valorisant Francion (qui leur donne un nom), Pharamond (une dynastie) et Clovis (une religion). Pourtant, Franck Collard observe, dès le XIIIe siècle, des mentions positives relatives aux Gaulois qui se trouvent désormais dotés de valeurs morales solides et d’une vigueur combattante incomparable. C’est dans les années 1480 que ce discours valorisant rencontre le grand récit de l’histoire de la royauté. Cependant, il n’apparaît pas encore totalement assumé et il cohabite encore avec la prestigieuse filiation franque et troyenne.

Le XVIe siècle hérite de cette reproblématisation du discours sur les origines amorcée au XIIIe siècle. Mais Étienne Bourdon montre de quelle manière le XVIe siècle – dans ce domaine comme dans de nombreux autres – hérite, hiérarchise, réorganise, et voit émerger un discours puissant sur les origines de la France et la définition de la francité comme le montre le recours à un néologisme, la « celtosité » en 1527. À ce titre, Jean Lemaire de Belges joue un rôle essentiel avec son ouvrage Les Illustrations de Gaule et singularitez de Troye.

L’auteur propose une genèse de la France en s’appuyant sur les ingrédients isolés au siècle précédent mais en procédant à une réorganisation radicale tant chronologique que généalogique. Les Gaulois sont désormais des descendants de Noé. Ils ont ensuite fondé Troie et sont à l’origine de la culture et des savoirs grecs. Les Francs, toujours valorisés, seraient des descendants des Troyens – donc des Gaulois – et Clovis ne serait qu’un Gaulois exotisé passé par la Grèce.

La prise de pouvoir par les Francs demeure ainsi une affaire de famille sans soumission à une puissance étrangère. Le discours politique s’empare de ce récit et de son imaginaire jusqu’à Henri IV glorifié en Hercule gaulois. Le roman de la nation de la Gaule-France est fondé et contribue à la définition de la francité. Le XVIe siècle apparaît bien comme un siècle structurant des grands enjeux et des usages politiques du passé.

À la fin du XVIIIe siècle, la Révolution française exploite la relation entre les Gaulois et le peuple. Guillaume Mazeau met en évidence le réinvestissement des Gaulois dans le discours politique pour incarner l’énergie révolutionnaire et les revendications émancipatrices. La Révolution est une forme de revanche populaire sur la noblesse, censée descendre des Francs, en proclamant le retour du peuple (d’origine gauloise) dans l’Histoire. Le passé gaulois est tantôt utilisé pour dénoncer les privilèges de la noblesse, tantôt soumis à celui des Francs pour les justifier.

Le recours à leur histoire couvre tout l’échiquier politique que ce soit pour y voir le point culminant de la démocratie locale par la défense des privilèges et des libertés communales, soit pour dénoncer les méfaits d’un fédéralisme excessif. Plus largement, la celtophilie se développe progressivement et identifie chez les Gaulois les valeurs de la République directoriale ou consulaire. C’est pourquoi la question de l’unité de la nation devient, tant face au roi qu’aux puissances étrangères, un enjeu essentiel.

Au-delà des frontières de la France, l’irrépressible force guerrière gauloise nourrit des imaginaires de soulèvement des peuples européens contre l’ensemble des monarchies, reprenant certaines caractéristiques de l’Hercule gaulois et nourrissant le rêve de cosmopolitisme universel et d’une fédération des peuples replaçant l’histoire des Gaulois dans le cadre plus général de celle des Celtes.

En résonance avec la résurgence actuelle des références politiques à histoire des Gaulois, Christian Amalvi rappelle l’affirmation du mythe scolaire de « Nos ancêtres les Gaulois » de l’époque romantique à 1944. L’Histoire des Gaulois d’Amédée Thierry joue un rôle déterminant en 1828 et fournit aux contemporains la première vaste étude de l’histoire des Gaulois. Elle est largement reprise et diffusée par la vulgarisation scientifique.

Le débat public et politique s’en nourrit dans le contexte de la laïcisation et se charge d’une nouvelle signification : à la référence aux origines franques de la nation, répond une posture plus laïque portée par l’affirmation des origines gauloises. Vercingétorix devient alors le premier héros national des Français. Il est porté par l’œuvre scolaire de la IIIe République et notamment par Ernest Lavisse.

De plus, la conquête romaine et la romanisation prennent un nouveau sens face à la colonisation présente et semblent à nombre de contemporains la justifier. Ce thème est repris par Vichy dans le cadre de la Révolution nationale qui tend à faire croire aux bénéfices de « l’Occupation romaine ».

Enfin, Patrick Garcia analyse la place des Gaulois dans le discours public depuis 1958, de Charles de Gaulle à Emmanuel Macron. Il montre que les références aux Gaulois glissent des héros des Petits Lavisse aux aventures humoristiques et parodiques d’Astérix et Obélix, même si la figure sérieuse du Gaulois ancestral ne cesse de constituer un marqueur récurrent au fondement de l’imaginaire national et dans le débat sur l’identité française. On perçoit comment Charles de Gaulle – et en grande partie François Mitterrand aussi – ont fréquemment recours à la figure anhistorique de « nos ancêtres les Gaulois ».

Ceux-ci sont essentialisés autour de caractéristiques morales qui se transmettent de siècle en siècle comme l’affirmait le récit scolaire, et qui conditionnent les péripéties de l’histoire nationale. Pourtant, François Mitterrand prend déjà ses distances avec le mythe. Après eux, les références politiques aux Gaulois se font plus rares. Le propos s’oriente alors plutôt vers la dénonciation de la figure des Gaulois désunis et résistants à toute initiative politique, comme on le voit avec Emmanuel Macron en 2019.

Cette figure négative est aussi revendiquée par le mouvement des « Gilets jaunes » qui en retournent le stigmate. À une époque où la diversité des origines est plus facilement énoncée, les Gaulois glissent insensiblement du statut d’ancêtres réels à celui d’ancêtres symboliques, mais toujours avec une forte dimension identitaire et nationale comme le montre Nicolas Sarkozy en 2016.

Enfin, le dossier propose trois commentaires de sources. Le premier est un commentaire introductif (par Franck Collard) d’un extrait du discours du chancelier Guillaume de Rochefort devant les députés des États généraux de Tours (1484) et de la dédicace de Robert Gaguin à Charles VIII dans sa traduction des Commentaires de Jules César (1485).

Le deuxième analyse la Tapisserie de l’histoire des Gaules de Beauvais (Étienne Bourdon) datée des environs de 1530 et qui montre les usages politiques de l’histoire des Gaulois sous François Ier. L’illustration reproduite en couverture, Le Brenn et sa part du butin de Paul Jamin (1893), enfin, est analysée (Étienne Bourdon) et renvoie à une vision fantasmée de la prise de Rome en 390 avant J.-C.

Notes
  • [1]Viallaneix Paul et Ehrard Jean (dir.), Nos ancêtres les Gaulois, Clermont-Ferrand, Faculté des lettres et sciences humaines, 1982 ; Citron Suzanne, Le mythe national, l’histoire de la France revisitée, Paris, Éditions de l’Atelier, 2008 [1987] ; Amalvi Christian, De l’art et la manière d’accommoder les héros de l’histoire de France, Paris, Albin Michel, 1988.
  • [2]Dietler Michael, « “Our Ancestors the Gauls”: Archaeology, Ethnic Nationalism, and the Manipulation of Celtic Identity in Modern Europe », American Anthropologist, New Series, vol. 96, no 3, sep. 1994, p. 584-605 ; Demoule Jean-Paul, « Ethnicity, culture and identity: French archaeologists and historians », Antiquity, no 73, 1999, p. 190-198 ; Rieckhoff Sabine (dir.), Celtes et Gaulois, l’Archéologie face à l’Histoire. Celtes et Gaulois dans l’Histoire, l’historiographie et l’idéologie moderne, Glux-en-Glenne, Bibracte, 2006 ; Brunaux Jean-Louis, Nos ancêtres les Gaulois, Paris, Le Seuil, 2008 et Les Celtes. Histoire d’un mythe, Paris, Belin, 2014.
  • [3]Pomian Krzyztof, « Francs et Gaulois », in Nora Pierre (dir.), Les lieux de mémoire, Paris, Gallimard, 1997 [1984-1992], vol. 2, p. 2245-2300 ; Nicolet Claude, La fabrique d’une nation : la France entre Rome et les Germains, Paris, Perrin, 2006.
  • [4]Nora Pierre (dir.), Les lieux de mémoireop. cit., particulièrement Nora Pierre, « Comment écrire l’histoire de France ? », vol. 2, p. 2219-2236 ; Borne Dominique, Quelle histoire pour la France ?, Paris, Gallimard, 2014 ; Vidal Cécile (dir.), Français ? La nation en débat entre colonies et métropole, xvie-xixe siècle, Paris, EHESS, 2014.
  • [5]Duval Paul-Marie, « Vercingétorix. L’Histoire et la légende » et « La notion de Gaulois : une longue confusion », in Id.Travaux sur la Gaule (1946-1986), Rome, École Française de Rome, 1989, p. 163-175 et 177-185 ; Simon André, Vercingétorix, héros républicain, Paris, Ramsay, 1996 ; Roman Danièle et Yves, La Gaule et ses mythes historiques : de Pythéas à Vercingétorix, Paris, L’Harmattan, 1999 ; Goudineau Christian, Le dossier Vercingétorix, Arles, Actes Sud-Errance, 2001 ; Burguière André, « L’historiographie des origines de la France. Genèse d’un imaginaire national », Annales. Histoire, sciences sociales, vol. 58/1, 2003, p. 41-62 ; Brunaux Jean-Louis, Nos ancêtres les Gaulois, Paris, Le Seuil, 2008 ; Reynaud Paligot Carole, De l’identité nationale : science, race et politique en Europe et aux États-Unis, xixe-xxe siècle, Paris, PUF, 2011 ; Nora Pierre, Présent, nation, mémoire, Paris, Gallimard, 2011 ; Nora Pierre, Recherches de la France, Paris, Gallimard, 2013 ; Martin Paul M., Vercingétorix, Paris, Perrin, 2013, part. chap. 11, « La résurrection », p. 243-260 ; Venayre Sylvain, Les origines de la France. Quand les historiens racontaient la nation, Paris, Le Seuil, 2013 ; Bourdon Étienne, La forge gauloise de la nation. Ernest Lavisse et la fabrique des ancêtres, Lyon, ENS Éditions, 2017.
  • [6]Rioux Jean-Pierre, « Enseignement de l’histoire et récit des origines, de Victor Duruy à nos jours », Histoire@Politique. Politique, culture, société, no 2, sept.-oct. 2007 ; Bourdon Étienne, La forge gauloise de la nation…op. cit.
  • [7]Weber Eugen, La fin des terroirs : la modernisation de la France rurale (1870-1914), traduction d’Antoine Berman et Bernard Géniès, préface inédite de Mona Ozouf, Paris, Pluriel, 2011 [1983].
  • [8]Noiriel Gérard, La tyrannie du national : le droit d’asile en Europe (1793-1993), Paris, Calmann-Lévy, 1991, p. 84-100, et Histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours, Agone, 2018, chap. IX, La nationalisation de la société française, p. 367-410.
  • [9]Austin John L., Quand dire, c’est faire, Paris, Le Seuil, 1991 [1962, trad. fr. 1970].
  • [10]Dubois Claude-Gilbert, Celtes et Gaulois au xvie siècle. Le développement littéraire d’un mythe nationaliste, Paris, Vrin, 1972 ; Yardeni Myriam, La conscience nationale en France pendant les guerres de religion, Louvain et Paris, B. Nauwelaerts, 1971 ; Beaune Colette, Naissance de la nation France, Paris, Gallimard, 1985, chap. premier « Trojani aut Galli ? », p. 19-54 ; Tallon Alain, Conscience nationale et sentiment religieux en France au xvie siècle. Essai sur la vision gallicane du monde, Paris, PUF, 2002.
  • [11]Pastoureau Michel, Jaune. Histoire d’une couleur, Paris, Le Seuil, 2019 ; Noiriel Gérard, Les Gilets jaunes à la lumière de l’histoire, dialogue avec Nicolas Truong, La Tour d’Aigues-Paris, Éditions de l’Aube-Le Monde, 2019.
  • [12]Voir notamment Febvre Lucien, Michelet, créateur de l’histoire de France, Cours au Collège de France, 1943-1944, Paris, Vuibert, 2014, part. 18e leçon, « Le problème du commencement (I). Les Gaulois », leçon donnée au Collège de France le 28 janvier 1944, p. 269-284 ; Crouzet François et Febvre Lucien, Nous sommes des sang-mêlés. Manuel d’histoire de la civilisation française, Paris, Albin Michel, 2012 ; Marinopoulos Sophie et al.Que cherche-t-on dans nos origines ? Paris, Belin, 2015, particulièrement le chapitre 2, un entretien avec Michel Wieviorka, p. 71-121 ; Bourdon Étienne, La forge gauloise de la nation…op. cit., p. 237-244.
  • [13]Foucault Michel, Dits et écrits, Paris, Gallimard, vol. 1, 2012, p. 1006.

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