Nouvelle-Zélande : Procès de Brenton Tarrant, le tireur des mosquées de Christchurch (Màj : les victimes crient leur colère)

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Addendum du 25/08/2020

Qualifié de «diable», de «voyou haineux» et de «terroriste», Brenton Tarrant est resté impassible, alors qu’il risque la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.

Deux rescapés du carnage des mosquées en Nouvelle-Zélande ont crié mardi, devant le tribunal de Christchurch, leur colère à l’encontre du tueur Brenton Tarrant, le qualifiant de «terroriste» qui mérite de mourir et de ne plus «jamais voir le soleil».À lire aussi : Nouvelle-Zélande: comment va se dérouler le procès du tueur des mosquées de Christchurch

Le suprémaciste blanc, qui a été reconnu coupable de 51 meurtres et de 40 tentatives de meurtres, est, pour la première fois depuis lundi, confronté aux victimes du carnage de mars 2019 dans deux mosquées de Christchurch.

Face aux survivants submergés par le chagrin et la colère, l’Australien de 29 ans, qui pourrait être la première personne à être condamnée, en Nouvelle-Zélande, à de la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, est resté impassible. «Je n’ai vu ni regret ni honte dans les yeux du terroriste qui ne se repent pas, alors j’ai décidé du ne pas lire mon témoignage sur les conséquences (de cette tuerie) mais de lui montrer plutôt la douleur endurée», a expliqué, excédé, Mirwais Waziri au juge Cameron Mander.À lire aussi : Nouvelle-Zélande: le tueur des mosquées de Christchurch impassible face au récit du carnage

L’auteur du carnage est demeuré de marbre quand les témoins ont applaudi quand Mirwais Waziri s’est tourné vers le tueur pour lui lancer : «Aujourd’hui, vous êtes un terroriste et nous, en tant que musulmans, nous ne sommes pas des terroristes». «Tu agis comme un lâche et tu es un lâche. Tu vis comme un rat et tu le mérites. Tu vas mourir seul, comme un virus que tout le monde évite», lui a asséné Zuhair Darwish, dont le frère est mort lors de ces attaques.

Un témoin a demandé «la punition la plus sévère possible»

«La juste punition serait pour lui la peine de mort. Je sais que la loi néo-zélandaise a supprimé la peine de mort pour les humains, mais malheureusement ce n’est pas un humain, il ne mérite pas d’être jugé comme un humain», a-t-il affirmé. Un témoin, dont le nom a été effacé par le tribunal, a demandé au juge de prononcer à l’encontre du tueur «la punition la plus sévère possible». «Je veux que vous ne laissiez pas cet homme voir le soleil, jamais, jamais», a-t-il conjuré. «Cet homme doit demeurer en prison pour l’éternité (…) c’est un homme malade, ce n’est pas un être humain», selon lui.À lire aussi : «J’ai perdu la vie que j’avais»: trois victimes du terrorisme nous racontent leur reconstruction

Quand les témoins l’ont qualifié de «diable» et de «voyou haineux» qui a détruit des vies mais a rendu la communauté musulmane néo-zélandaise plus forte, Brenton Tarrant s’est contenté de se caresser le menton.

Ambreen Naeem a perdu son mari Naeem Rashid et son fils Talha au cours du carnage. Son époux, Naeem Rashid, est considéré comme un héros après avoir sauvé des vies en attaquant Brenton Tarrant dans la mosquée al-Nour, au centre de Christchurch. En le déstabilisant, il a permis à des personnes de s’échapper avant que l’Australien ne se relève et le tue. «Depuis le décès de mon mari et de mon fils, je n’ai jamais eu un sommeil correct et normal. Je ne pense pas que cela reviendra un jour», a expliqué Ambreen Naeem. «C’est pour moi un dommage irréparable, c’est pourquoi son châtiment doit être éternel», a-t-elle souligné.

«Le diable»

Le tueur est également resté de marbre lorsque Noraini Milne, dont le fils Sayyad a été tué, l’a pointé du doigt pour lui lancer : «Tu es déjà mort pour moi. Quelle que soit votre punition, elle ne sera jamais suffisante». Mohammad Siddiqui a reçu une balle dans le bras lorsque «le diable» est arrivé à la mosquée al-Nour.À lire aussi : Le tireur des mosquées de Christchurch ne veut pas d’avocat pour l’audience de sentence

«Oui, je le qualifie de diable parce qu’il est entré dans la maison de Dieu plein de mauvaises intentions afin de tuer des innocents. Vous avez tué les rêves de mes amis et de ma famille lors de votre acte lâche», lui-a-t-elle asséné. Le tueur, qui avait plaidé coupable en mars, avait déclaré avoir voulu semer la peur parmi ceux qu’il a qualifiés d’«envahisseurs», notamment la population musulmane de Nouvelle-Zélande. Mais Raesha Ismail, qui a perdu son frère Junaid lors de la fusillade, a affirmé qu’il avait seulement réussi à rendre sa foi encore plus forte.

Lors de ces audiences qui doivent durer quatre jours et ont débuté lundi, 66 personnes sont appelées à témoigner sur les conséquences de ce carnage sur leur existence. Brenton Tarrant, qui a choisi d’assurer seul sa défense, sera ensuite autorisé à s’adresser au tribunal. Le président de la Haute cour de justice de Christchurch doit prononcer la peine jeudi.

Le Figaro

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21/08/2020

Le suprémaciste blanc qui avait tué 51 personnes en mars 2019 dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, sera confronté la semaine prochaine aux survivants de ce carnage à l’occasion de l’audience qui fixera sa peine.

En mars, l’Australien Brenton Tarrant, qui pourrait être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, avait été reconnu coupable du meurtre de 51 personnes, de 40 tentatives de meurtre et d’un acte terroriste.

Après avoir longtemps nié être l’auteur de la plus grande tuerie de masse de l’histoire moderne de la Nouvelle-Zélande, il avait fini par plaider coupable. A compter de lundi, M. Tarrant assistera aux quatre jours d’audience à l’issue desquels sa peine sera prononcée.

Des survivants et des familles de victimes sont autorisés à être présents dans la salle d’audience et seront ainsi, pour la première fois depuis le carnage du 15 mars 2019, confrontés à l’accusé.

Jusqu’à présent, les comparutions de l’accusé se faisaient via une liaison vidéo depuis la prison d’Auckland, à l’exception de celle qui s’était tenue à huis clos au lendemain de la tuerie.

Le juge de la Haute Cour de Christchurch, Cameron Mander, a estimé que ces quatre jours étaient importants pour les victimes de ce carnage dont l’atrocité avait bouleversé cette nation du Pacifique réputée pour sa tranquillité.

Parmi les 66 personnes appelées à témoigner au sujet de cet événement qui a bouleversé leur existence, un grand nombre viennent de l’étranger.

En raison des mesures de restrictions liées au coronavirus, des centaines d’autres assisteront à la retransmission des débats depuis sept salles d’audience du tribunal de Christchurch alors que d’autres les suivront en ligne.

La Première ministre Jacinda Ardern a reconnu que, pour beaucoup, cette semaine sera difficile.

“Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit que je puisse dire pour atténuer leur traumatisme au cours de ce moment“, a-t-elle déclaré vendredi à la presse.

Mesures exceptionnelles

“Cela va probablement prendre un certain temps, c’est comme cela qu’il faut faire, les gens ont besoin d’être entendus”, a ajouté la Première ministre.

La police intensifiera ses patrouilles autour de la Haute Cour alors que des personnes ont été mobilisées pour apporter un soutien psychologique.

Ces quatre jours d’audience ont nécessité une grande organisation logistique, notamment pour assurer la traduction simultanée en huit langues pour les membres de la communauté musulmane, aux origines très diverses.

Les autorités entendent également empêcher M. Tarrant, qui a renvoyé en juillet ses avocats et entend assurer lui-même sa défense, de faire de ce moment une tribune pour promouvoir ses convictions.

M. Mander a imposé aux médias des mesures de restriction exceptionnelles afin d’éviter que même si l’accusé de 29 ans tentait de faire de la propagande, il n’obtienne aucun écho.

Le magistrat indiquera aux médias, qui ne sont pas autorisés à relater en direct le contenu des audiences, ce dont ils peuvent faire ou non état.

Toute infraction sera passible de poursuites pour outrage au tribunal.

Après les attaques, Mme Ardern s’était engagée à ne jamais prononcer le nom du tueur pour ne pas contribuer à sa “notoriété”.

Ces mesures montrent combien ce carnage demeure un sujet sensible au sein de la société néo-zélandaise.

Le gouvernement a depuis durci la loi sur les armes et intensifié ses efforts pour lutter contre l’ extrémisme sur internet.

M. Tarrant, qui a grandi dans une petite ville d’Australie, s’était installé en Nouvelle-Zélande en 2017.

Solitaire, il passait de nombreuses heures sur les forums en ligne dans son domicile de Dunedin (sud) où il avait stocké des armes en vue de la tuerie qu’il avait planifié dans la ville de Christchurch.

Équipé d’un arsenal d’armes semi-automatiques, il avait ouvert le feu successivement dans deux mosquées lors des prières du vendredi, tuant 51 personnes, toutes musulmanes, dont des femmes et des enfants. Il avait filmé et retransmis en direct sur Facebook les images du carnage.

Courrier International

20 Commentaires

  1. “Naeem Rashid, est considéré comme un héros après avoir sauvé des vies en
    attaquant Brenton Tarrant dans la mosquée al-Nour, au centre de
    Christchurch. En le déstabilisant, il a permis à des personnes de
    s’échapper avant que l’Australien ne se relève et le tue.”

    L’éternel mytho bougnoulique qui répète sa fable de héros imaginaire alors même que tout a été filmé. Ci pas moi jti jire!

    Ça rappelle le clando africain de l’hyper ca$her, naturalisé fronsé pour héroïsme imaginaire, en dépit des témoignages des otages qui ne l’ont jamais vu et ont été sauvés par les flics français et non cet improbable analphabète cannibale.

  2. “Le tueur, qui avait plaidé coupable en mars, avait déclaré avoir voulu semer la peur parmi ceux qu’il a qualifiés d’«envahisseurs»,
    notamment la population musulmane de Nouvelle-Zélande. Mais Raesha
    Ismail, qui a perdu son frère Junaid lors de la fusillade, a affirmé
    qu’il avait seulement réussi à rendre sa foi encore plus forte.”

    Tout le monde s’en fout de ta foi. Personne n’a voulu te faire perdre ta “foi”, on veut juste que tu retournes dans ton trou à rat et ne souilles plus des terres blanches.
    Insondable hypocrisie bougnoulique, même dans le deuil c’est plus fort qu’eux, il faut qu’ils mentent.

  3. pas de “il n’aura pas notre haine” chez les crasseux, en tous cas, ils demandent le rétablissement de la peine de mort en nouvelle zelande

    chiche ? et tous les crasseux criminels pendus aussi, topez la !

  4. Putain de FDP de….
    Dire que… Rien.
    Salopes de… Pour qui comprendra.

    Oui je n’ai plus de patience.

  5. Pendant ce temps, l’autre guignol de la fine équipe de 2015 en plein Paris est toujours vivant.
    Et à nos frais.
    Alors à choisir…

  6. Des survivants et des familles de victimes sont autorisés à être présents dans la salle d’audience et seront ainsi, pour la première fois depuis le carnage du 15 mars 2019, confrontés à l’accusé.”

    Comme pour n’importe quel procès, en général personne ne rencontre personne avant, dans les pays civilisés du moins.

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