Nouvelles turbulences pour Naval Group en Australie

En Australie, les sous-marins sont un sujet de discorde. Les six Collins actuels, construits sur place sous la houlette du suédois Kockums, ont connu de nombreuses défaillances.

C’est avec cet arrière-plan polémique, et dans un contexte tendu par l’expansionnisme chinois, que le Premier ministre conservateur australien Scott Morrison, serait prêt à rompre le contrat attribué en 2016 à Naval Group.

Le champion tricolore du naval doit fournir douze sous-marins dérivés du Suffren français (mais non nucléaires), tous construits à Adélaïde, dans un chantier lui-même en construction.

Selon l’Australian Financial Review, le programme serait passé de 40 à 69 milliards de dollars australiens (25 à 44 milliards d’euros), il prendrait du retard et la part promise aux industriels locaux ne serait pas respectée. Mauvaise pub pour un Premier ministre mis à mal par les incendies sans précédent de l’an dernier et la crise liée au Covid.

Le fait que ce programme, le plus cher que l’Australie ait commandé, profite à l’emploi local, avait contribué au succès des Français, face aux Japonais, alliés des Australiens dotés d’une puissante industrie navale, et aux Allemands de TKMS, rival de Naval Group en matière de sous-marins.

Mais l’option française a été rudement controversée. Notamment par les États-Unis, très influents en Australie, et qui ont obtenu que le système de combat (l’ intelligence  technologique) des sous-marins ne soit pas français mais américain.

Naval Group rassure

Scott Morrison se serait personnellement plaint auprès d’Emmanuel Macron des carences de Naval Group, dont l’État français est l’actionnaire majoritaire.

La presse australienne indique que Canberra ne dément pas avoir sollicité à nouveau Kockums pour lui demander une nouvelle génération de Collins  made in Australia . Bluff pour mieux négocier un des contrats encore à signer avec Naval Group alors que le gouvernement va être confronté sous peu à des élections incertaines ?

Chez Naval Group, on relativise : le taux de 60 % de production australienne  sera bien respecté sur l’ensemble de la durée du contrat  et le coût initialement prévu  sera respecté dans une offre qui sera remise en février . C’est ce que Pierre-Eric Pommelet, nouveau PDG de Naval Group depuis mars, va aller expliquer sur place, après deux semaines de quarantaine.