Oissel (76) : Elan de solidarité pour qu’Élyane, 13 ans, puisse remarcher

Atteinte d’une maladie rare, l’épiphysiolyse, qui l’empêche de marcher correctement, Élyane, adolescente de Oissel, près de Rouen, a subi une opération dont les complications imprévues l’ont maintenu en fauteuil roulant. Ses voisins se mobilisent pour venir en aide à sa famille.

Un jour de fin d’année scolaire 2018, Élyane, alors en CM1, est sortie de l’école Jean-Jaurès à Oissel en tirant la jambe. C’est l’une des parents d’élèves qui l’a fait remarquer à sa mère Delphine Malmaison : « Regarde, ta fille elle boîte ». C’était la première fois. « Je lui ai demandé si elle n’était pas tombée, elle m’a dit non », se souvient sa mère. Le médecin n’a rien décelé. Les vacances en Guadeloupe sont arrivées. Un mois de repos bénéfique. On pensait le mal disparu. Mais à son retour, Élyane est tombée au centre de loisirs. Ses examens effectués au CHU de Rouen ont révélé qu’elle souffrait d’épiphysiolyse. Terme barbare qui désigne une pathologie de la hanche où le cartilage s’use au niveau de la tête du fémur. Elle touche 2 à 3 enfants sur 100.000.

Trois opérations

L’adolescente subit une première opération. La pose d’une vis censée aider à la reformation du cartilage. « On pensait qu’elle allait pouvoir courir et faire du sport à nouveau », témoigne Delphine. Mais au bout de quelques mois, la santé de l’adolescente se détériore. La vis est entrée dans le cartilage. Il faut l’enlever en urgence. Deuxième intervention chirurgicale. Elle en subira une troisième, pour la pose d’une broche au niveau du tibia. Élyane reste trois mois au centre de soins de Caudebec. Rentrée chez elle, sa situation peine à s’améliorer. Elle ne se déplace qu’en fauteuil roulant. Son chirurgien pédiatre évoque la pose d’une prothèse de la hanche, acte rarissime chez une ado de 13 ans. L’opération doit se faire dans l’année à l’hôpital Cochin à Paris.

« On ne peut pas les laisser dans cette situation »

En trois ans, la maladie a bouleversé le quotidien d’Élyane et de sa famille. « C’était une enfant active, elle faisait du hand, des majorettes », raconte Delphine, sa mère. La jeune fille a poursuivi sa scolarité. Tant bien que mal. Il a fallu également avancer les frais médicaux pour ce foyer modeste. Delphine enchaîne les vacations en centre de loisirs, son mari est agent d’entretien à temps partiel. Eux mènent une vie discrète, loin d’exposer leurs malheurs.

Les voisins du lotissement se sont pris d’affection pour eux. « Personne à Oissel n’était au courant de leur situation, assure leur voisine Séverine Levasseur. Quand j’ai appris que le papa devait porter sa fille pour la laver, ça m’a fait mal au cœur. » Séverine s’est démenée. Une cagnotte a été créée, le maire Stéphane Barré a été sollicité. « On ne peut pas les laisser dans cette situation », jure-t-elle. Timide, l’adolescente ne rêve désormais que d’une chose : « Marcher, courir et faire du sport. »

Paris-Normandie