Orléans (45) : “J’ai subi le racisme toute ma vie”, clémence du tribunal pour un jeune d’origine rwandaise qui a roué de coups une septuagénaire (45 jours d’ITT)

Alors qu’il sortait d’une fête au-dessus de chez elle au petit matin, l’Abraysien Rémi croise la sexagénaire énervée de ne pouvoir dormir à cause du tintamarre dans les escaliers. Les mots qu’elle va avoir à son endroit ne vont alors pas lui plaire du tout, il va exploser… 

Rémi s’excuse devant le tribunal pour ce qu’il a fait, les maux conséquents dont souffre sa victime depuis leur rencontre dans la nuit de vendredi à samedi dans cette cage d’escalier d’un immeuble d’Orléans. Son avocate, Maître Clémence Le Marchand, ne voulait pas le voir en centre de détention, elle a été entendue : dix-huit mois de prison, dont un an ferme, mais que le natif du Rwanda effectuera chez lui, sous surveillance électronique.

J’ai subi le racisme toute ma vie, même à l’école. Dans ce qu’elle a dit, il y avait un sous-entendu raciste. À chaque fois, ça déclenche immédiatement mon système d’autodéfense, et je deviens violent.” 

C’est très rare : 45 jours d’ITT 

Tout commence au petit matin, quand la police est appelée place du Châtelet, “pour un différend de voisinage”. Un sacré, dans les faits… Une femme de 69 ans vient d’être rouée de coups sur son palier. Ce mardi après-midi (20 juillet), lors de sa comparution immédiate, il a été fait état des dizaines de claques au visage, des coups de pied…, que Rémi lui a infligés. Il est allé jusqu’à la traîner par les cheveux dans les escaliers, avant qu’elle parvienne à se réfugier chez elle.

La sexagénaire souffre de fractures aux poignets, de contusions aux hanches, de plaies à l’arcade… Ses 45 jours d’ITT traduisent, à eux seuls, “le déchaînement de violence”, dira le parquet, de l’agresseur à son endroit.

La fête au-dessus de chez elle l’empêche de dormir

Rémi, 29 ans, a toujours travaillé, n’a qu’une mention au casier (une claque donnée à son ex en 2015) et s’exprime dans un français parfait. Il fait, en outre, l’objet d’un suivi psychiatrique depuis la mort de son père (“qui était violent avec moi”), et reconnaît les faits. Il dit avoir “vrillé”. Que s’est-il passé au juste ?

Au petit matin, la sexagénaire est excédée : impossible de fermer l’œil de la nuit avec cette fête au-dessus de chez elle. Elle sort alors en robe de chambre pour en aviser son voisin trop bruyant, mais tombe sur Rémi, l’un de ses invités. Ivre et sous antidépresseurs, après avoir tenté, dit-il, d’être “diplomate”, il ne va pas supporter cette phrase qu’il juge “raciste” : “Dans ce pays, ça ne se passe pas comme ça“. C’est l’explosion de rage…

“J’ai subi le racisme toute ma vie”

Son passé d’enfant rwandais adopté par une famille française au début du génocide (1994) a probablement pesé dans la décision de ne pas l’envoyer derrière les barreaux en dur. Rémi l’assure, même avec “un bodybuilder”, il y allait…Gageons qu’il est quand même plus commode de s’en prendre à une femme de 69 ans, qui, il en convient après coup, “ne méritait vraiment pas ça.

La République du Centre