Paléogénétique : Il y a des milliers d’années, une partie des “Français” étaient noirs

Plusieurs travaux de chercheurs ont prouvé que des ancêtres à la peau noire ont vécu dans ce qui est aujourd’hui la France et le Royaume-Uni, il y a plusieurs milliers d’années. Une découverte qui contredit totalement l’expression raciste “de souche”. Le paléogénéticien Ludovic Orlando était invité dans la matinale d’Europe 1, mardi, pour expliquer en quoi consiste son métier. 

Il y a neuf mille ans, les habitants de Grande-Bretagne étaient noirs. Ce constat a été fait par une équipe de paléogénéticiens, une profession qui fait parler nos ancêtres à travers les ADN qu’ils nous ont laissés. Ludovic Orlando fait partie de cette équipe, il était l’invité de Matthieu Belliard dans la matinale d’Europe 1, mardi. 

“Une coexistence d’hommes et de femmes à la peau plus ou moins foncée”

Ludovic Orlando lit dans l’ADN pour se faire une idée de nos ancêtres. Il a remonté la trace de Tché D’Hartmann, un homme vivant dans l’actuel Royaume-Uni, il y a environ 9000 ans. Et cet homme avait la peau “très foncé probablement”.

Il y a quelque temps le paléogénéticien a également publié une étude sur les “Français” du bassin parisien, cinq mille ans plus tôt. Là encore, certains de nos ancêtres avaient la peau noire. “Il y avait une coexistence d’hommes et de femmes à la peau plus ou moins foncée”, détaille Ludovic Orlando. Ces deux études déconstruisent largement l’expression raciste “de souche”. Pour le paléogénéticien, la vie de ces ancêtres n’est “certainement pas l’image que politiquement, idéologiquement ou culturellement, on s’en ferait ici aujourd’hui”. 

Lire dans l’ADN

La déconstruction des imaginaires politiques est possible grâce au travail de ces paléogénéticiens. Ils essayent de décrypter, dans l’ADN, les messages des êtres vivants du passé, comme s’ils avaient laissé une lettre. “Ils nous ont laissés d’abord leurs vestiges, les ossements, les dents, parfois même les cheveux”, décrit Ludovic Orlando. Mais contrairement aux archéologues, les généticiens peuvent “aller dans l’infiniment petit de ces objets et découvrir ainsi les relations de parenté entre les peuples passés, l’origine des espèces, la nature des maladies qui ont décimé les populations anciennes”, poursuit-il. 

L’ADN en fait une “très longue molécule” composée de “quatre lettres qui forment un livre d’à peu près 3 milliards de lettres”. Il reste alors au paléogénéticien une vaste part du passé à explorer.

Europe1