Pantin (93) : Hacène “le mort vivant administratif” a enfin été reconnu, un mois après son meurtre, le consulat d’Algérie bloque désormais le rapatriement du corps

Temps de lecture : 2 minutes

Il aura fallu une manifestation lundi devant le palais de justice de Bobigny, et l’intervention décisive du parquet pour que la famille d’Hacène Rabia obtienne gain de cause : un acte de décès à son nom, en lieu et place d’un enregistrement sous X.

[….] La mort d’Hacène Rabia, 32 ans, était survenue dans des circonstances tragiques. Ce père de famille, préparateur de commandes domicilié dans l’Oise, a été poignardé le 21 septembre dernier à Pantin. Il tentait de s’interposer dans une bagarre entre automobilistes. À l’heure de son décès, il n’avait pas pu être identifié. Un certificat avait été fait sous X.

En mairie de Pantin, « malgré le rapport d’enquête qui précisait que les empreintes du défunt et la reconnaissance du corps par sa veuve attestaient de son identité, l’employée du service état civil n’a rien voulu savoir », indique cette même source. Sarra, sa veuve, se retrouvait dans une situation surréaliste : son mari était toujours vivant aux yeux de l’administration. Impossible donc de récupérer le corps qui repose toujours à l’IML (Institut médico-légal). Et encore moins le rapatrier en Algérie, la terre natale de ses parents. […]

Le consulat d’Algérie exige le rapport d’autopsie pour rapatrier le corps

Mais la famille n’est pas au bout de ses peines. Bloquée par la pandémie en Algérie, Malika, sa mère, est accablée : « J’avais un sentiment de frustration. Tout le monde se renvoyait la balle ». Médecin à Alger, elle a remué ciel et terre avec ses confrères français pour accélérer les procédures. « Hacène était mon fils aîné. Il aimait la vie, il travaillait dur. En plus de son travail, il avait créé son entreprise. Il avait beaucoup de rêves pour sa famille et ses trois enfants », souffle-t-elle. Elle attend maintenant que la dépouille de son fils soit rapatriée.

Mais là aussi, les choses traînent : « Le consulat d’Algérie à Bobigny exige le rapport d’autopsie. Est-ce la loi? », s’interroge Malika. Otman Douidi, de l’association des Algériens résidant à l’étranger, est formel : « L’acte de décès suffit. Ils sont obligés de le prendre en charge. Ils outrepassent leurs compétences! ». […]

Le Parisien