Paris : « Cette cité scolaire est devenue monstrueuse », les enseignants de Bergson en appellent au rectorat

Le 5 janvier 2021 à 18h14A la cité scolaire Henri-Bergson (XIXe), la colère n’est pas retombée. Et l’inquiétude demeure. Tous sont encore sous le choc de la terrible agression au couteau d’un élève de Rabelais (XVIIIe), au mois d’octobre dernier, devant la cité. Bergson accueille près de 2000 collégiens et lycéens de la porte de Clignancourt, fermé pour raisons de sécurité.

Et dans un contexte de tensions entre jeunes des deux lycées, qui entretiendraient une obscure rivalité. L’agresseur présumé, âgé de 17 ans et scolarisé à Bergson, a été mis en examen pour « tentative d’homicide » quelques jours plus tard. Mais ses motivations n’ont pas été clairement identifiées. Seule certitude, les enseignants avaient fait savoir à de nombreuses reprises leur inquiétude de voir cohabiter à Bergson des jeunes issus de quartier risques provoqués par la cohabitation de jeunes issus de quartiers « voisins mais rivaux ».

Ce mardi, une très grande majorité des personnels enseignants et de la vie scolaire étaient en grève, dénonçant pêle-mêle, une gestion verticale de cette vaste cité scolaire, l’absence de soutien et de communication qui entraînent, disent-ils, une aggravation des risques psychosociaux. Ensemble, ils exigent une enquête officielle sur le sur le climat au sein de l’établissement, pour démontrer de façon objective le mal-être général et la dégradation des conditions de travail pour le personnel et les élèves. Ils réclament des moyens structurels pérennes, enfin, qui leur permettraient d’assurer leurs missions dans de meilleures conditions.

« Nous avions prévenu que la situation deviendrait intenable, s’agace une enseignante de l’établissement. En ajoutant 350 élèves de Rabelais, on n’a pas juste additionné les personnes, on a multiplié les problèmes, provoqué violences et incivilités. Et les contraintes sanitaires ne font qu’exacerber les fragilités. Cette cité est devenue monstrueuse, du point de vue des effectifs, et tout y est devenu impersonnel. Bergson est géré dans l’urgence, sans réunions ni concertation… Et cela se passe aussi au détriment des élèves : nous avons les pires résultats de l’académie au brevet et baccalauréat. Ni les jeunes ni les enseignants ne veulent d’un établissement poubelle. » […]

Le Parisien