Paris : Des témoignages de violences et de racisme au commissariat du 19e

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Des témoignages choquants. Alors que la possibilité de filmer et diffuser des images des forces de l’ordre dans l’exercice de leur fonction est remise en question par le projet de loi “Sécurité globale”, StreetPress et Mediapart révèlent aujourd’hui des faits de violences qui concerneraient les policiers du commissariat du 19e arrondissement de Paris.

Les faits se seraient déroulés en décembre 2019 et juillet 2020 dans ce commissariat où le journaliste Valentin Gendrot s’est infiltré avant d’écrire son livre Flic. Ce dernier est justement auditionné ce jeudi 12 novembre à l’Assemblée par la commission d’enquête sur le maintien de l’ordre. […]

Le calvaire de Moha

Le média relate notamment l’expérience de Moha, la trentaine, qui, après une altercation avec des voisins, y a fini en garde à vue en juillet dernier. Menotté à l’arrière du véhicule de police, les violences auraient vite commencé: “Une fois, c’est celui de droite. Une fois, c’est celui de gauche. Je prends des coups de poing dans le ventre, des gifles”. Viennent également les insultes: “Sale bougnoule, retourne chez toi”, raconte le jeune homme.

Au commissariat, ce dernier aurait ensuite essuyé des coups de poings dans la tête et des gifles assénées par huit policiers, des coups de pieds dans les côtes, des insultes visant notamment sa mère puis des “coups de pied en plein dans le ventre et dans le thorax” qu’il associe à de la “torture”. L’homme souffre, et pour cause, il a une côte fracturée, selon une expertise réalisée plus tard. […]

Autre témoignage, celui de deux hommes qui se sont trouvés en cellule dans ce commissariat en décembre 2019 et ont décidé de rester en contact pour témoigner de ce qu’ils ont vu. Ils racontent à StreetPress avoir vu un homme subir des “coups de poing, de matraque” et être étranglé par des policiers auxquels il avait répondu en argot.

Plusieurs flics ont fait des allers-retours pour aller le taper. Certains se lavaient les mains au gel hydroalcoolique en revenant. Pendant ce temps, les autres jouaient au Uno, comme si de rien n’était”, affirme un de ces témoins.

Le site d’information s’est également procuré un témoignage écrit du gardé à vue en question, qui livre un récit similaire.

Ces deux anciens gardés à vue décrivent encore l’“humiliation” qu’aurait subie un autre homme, handicapé, ou encore le passage à tabac et les insultes racistes subies par une autre personne qui aurait refusé de répondre “oui, chef” aux policiers qui le lui demandaient.

StreetPress s’est encore entretenu avec un jeune homme emmené au commissariat avec des amis à la suite d’une soirée d’anniversaire interrompue pour tapage nocturne. Il y aurait été insulté et passé à tabac. “Ils me font nettoyer mon sang avec du gel hydroalcoolique et du papier. Ils m’ont dit de nettoyer, que ça devait être propre et que ce n’était pas à la femme de ménage de le faire”, témoigne-t-il. […]

Huffington

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