Paris : 3 militaires rattachés à la DGSE arrêtés pour un projet de meurtre crapuleux (Màj: Affaires liées)

Des agents de la DGSE, des francs-maçons… enquête sur une improbable officine du crime

PODCAST. Une tentative d’assassinat déjouée l’été dernier à Créteil a permis de mettre en lumière un étonnant réseau criminel. Un groupe d’amis qui fréquentent la même loge maçonnique, soupçonnés de vouloir éliminer des rivaux. Récit.

L’affaire, d’abord révélée par le Parisien à la fin du mois de septembre, a pris une nouvelle tournure au début de l’année. Plusieurs complices présumés de ce crime avorté pourraient être mis en cause dans un autre meurtre, celui du pilote automobile Laurent Pasquali en 2018.

01/02/2021

Une affaire digne d’un roman d’espionnage. Plusieurs personnes ont été placées en garde à vue au cours de la semaine écoulée dans le cadre d’une tentative de meurtre imputée l’été dernier à deux militaires de la DGSE, les services de renseignement extérieurs français. Parmi les suspects interpellés après six mois d’enquête de la police judiciaire parisienne figure un homme présenté comme le commanditaire de ce “contrat”. Il a été arrêté le vendredi 29 janvier.

L’affaire prend corps le 24 juillet 2020, à Créteil (Val-de-Marne) à l’occasion d’une banale intervention de police. Ce jour-là, deux hommes sont arrêtés dans leur voiture, une Clio volée. Habillés de vêtements sombres, gantés, ils sont soupçonnés de préparer un cambriolage. Au pied du siège passager, dans un sac de sport, un pistolet Browning, une balle engagée dans le canon et un silencieux bricolé. La brigade criminelle de Paris hérite du dossier.

Deux “cambrioleurs” qui appartiennent à la DGSE

Placés en garde à vue, les deux “cambrioleurs” revendiquent aussitôt leur appartenance à la DGSE. Vérification faite, ils disent vrai : ces caporaux, Pierre B. et Carl E., sont bel et bien affectés à la surveillance de la base de Cercottes, dans le Loiret, le centre parachutiste d’entraînement spécialisé du service Action. Ils répondent aux pseudos d’Adelard et Dagomar. La suite est à peine croyable.

Si Adelard et Dagomar étaient en planque à Créteil ce matin-là, c’était de leur propre aveu pour… assassiner une femme, coach en entreprise, en raison des liens qu’elle entretient − selon eux − avec le Mossad, les services secrets israéliens. Une mission “homo” dans le jargon de l’espionnage, une opération en théorie prohibée sur le sol français. Ils ont songé à l’empoisonner, à la jeter d’un pont, à poser une bombe sous sa voiture ou encore à simuler un accident de la circulation. Pour organiser le guet-apens du 24 juillet, à proximité de son domicile, ils avaient pris soin de placer une balise sous la voiture de leur cible.

La cible : une cheffe d’entreprise qui appartiendrait au Mossad

La mystérieuse “espionne” qu’il doive à tout prix éliminer se nomme Marie-Hélène Dini. Elle a 54 ans, mène une vie paisible et ne se cache pas. Lorsque les policiers apprennent à cette cheffe d’entreprise qu’elle vient d’échapper à la mort, cette dernière tombe des nues. En septembre 2020, elle se confie à France Télévisions, évoquant le choc de cette annonce et les “semaines de terreur” qui ont suivi.

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En fouillant dans la vie de la victime, les policiers ne découvrent pas la moindre connexion avec le monde de l’espionnage. En revanche, ils notent que cette cheffe d’entreprise a été la cible, le 24 octobre 2019, neuf mois avant la tentative de meurtre, d’une agression violente, un vol de sac à l’arraché d’une grande violence. Un avertissement ?

L’enquête progresse rapidement. Des complices présumés, au contact direct des deux militaires de la DGSE, sont rapidement identifiés. Ces derniers évoluent dans le monde des sociétés de sécurité. L’un des suspects était spécialiste en faux documents, au sein de la DGSI, le renseignement intérieur. Un autre a monté sa propre entreprise de sécurité. Lors d’une perquisition, les enquêteurs découvrent dans son garage une moto et un scooter volés. Malgré les moyens déployés, les investigations ne parviennent pas à dépasser ce premier cercle de barbouzes présumés: celui des opérationnels. Les enquêteurs peinent à remonter jusqu’au commanditaire.

Un “contrat” à 50.000 euros pour éliminer une concurrente ?

Le 21 janvier 2021, coup de théâtre : la compagne d’une des personnes incarcérées finit par livrer le nom d’un homme jamais apparu jusque-là dans les investigations. Et ce nouveau venu fait considérablement progresser le cours de l’affaire. D’où la série d’interpellations dans son cercle proche cette semaine.

Parmi les personnes arrêtées, un ancien commandant de la DGSI reconnaît être intervenu dans le “contrat” visant à éliminer Marie-Hélène Dini. Une mort sur ordonnance pour environ 50 000 euros. Vendredi, le commanditaire présumé est arrêté à son tour. 

Mais pour quel mobile ce coach en entreprise exerçant en région parisienne aurait-il agi ? La piste privilégiée par la justice est désormais celle d’un contentieux dans le monde de la formation et de l’accompagnement de salariés. “Nous avons appris que de nouveaux développements sont intervenus dans ce dossier qui mettent à néant les ridicules explications données par les mis en examen selon lesquelles ils agissaient pour l’État et la DGSE. Tout aujourd’hui indique que nous sommes en présence d’une tentative crapuleuse d’éliminer une concurrente”, ont réagi samedi Joseph Cohen-Sabban et Jean-William Vezinet, les avocats de la plaignante, sollicités par France Télévisions.

Au moment de son agression de l’automne 2019, puis de la tentative d’homicide dont elle a été la cible, Marie-Hélène Dini tentait de professionnaliser et de moraliser les pratiques du secteur en créant un syndicat professionnel du coaching. Initiative qui a déplu à plusieurs concurrents craignant de ne pas être labellisés. Leur survie financière était en jeu. D’où un vif ressentiment. Au point de lancer un contrat sur la tête de Marie-Hélène Dini ? Avec ces récentes gardes à vue, l’affaire est peut-être entrée dans sa dernière ligne droite.

France TV Info

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07/08/2020

On commence à y voir un peu plus clair dans l’affaire de tentative de meurtre dans laquelle sont impliqués deux militaires rattachés au Centre parachutiste d’entraînement spécialisé [CPES] du Service action de la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE] implanté à Cercottes [Loiret].

Le 3 août, on a appris que deux militaires avaient été mis en examen et placés en détention provisoire par le parquet de Paris pour « tentative d’homicide volontaire en bande organisée » ainsi que pour « recel en bande organisée de vol, transport, acquisition, détention d’armes de catégorie B » et « association de malfaiteurs en vue de la commission de ces crimes et délits punis de 10 ans d’emprisonnement. » Un troisième individu, travaillant dans le domaine de la « sécurité privée », a connu un sort identique pour la même affaire.

Pour rappel, le CPES étant l’un des trois sites chargé de former et d’entraîner les agents de terrain de la DGSE. Seulement, les deux militaires impliqués ne sont pas des « opérationnels » : il s’agit de militaires du rang affectés à la compagnie de commandement et de logistique [CCL] du centre de Cercottes. Pour autant, on peut supposer qu’ils aient fait l’objet d’un examen très attentif avant d’y être affectés, ne serait-ce pour l’habilitation « secret défense ».

En tout cas, cela explique pourquoi ces deux militaires se sont fait prendre comme des débutants. En effet, leur comportement suspect ayant attiré l’attention, ils ont été interpellés alors qu’ils se trouvaient à bord d’un véhicule volé, en pleine journée, devant l’immeuble de leur « cible », à Créteil. La police a alors mis la main sur une arme de poing de 9 mm, un chargeur de 12 cartouches et des couteaux en dotation au sein de l’armée. […] La voiture volée portait une fausse place d’immatriculation mal accrochée…

D’après le parquet de Paris, ils « semblaient s’apprêter à mettre à exécution un projet criminel au préjudice d’une femme âgée de 54 ans. » Le troisième individu arrêté deux jours plus tard a pu être identifié après l’examen de leurs conversations téléphoniques.

Mais ce n’est pas tout. Ce 5 août, le parquet de Paris a indiqué que deux autres individus ont également été arrêtés dans le cadre de cette affaire, les 30 et 31 juillet. Et dans le lot figure un troisième militaire rattaché au CPES de Cercottes. Selon une source judiciaire citée par l’AFP, il a été placé sous contrôle judiciaire. […]

Opex360

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03/08/2020

C’est une bien mystérieuse affaire sur laquelle enquêtent les policiers de la brigade criminelle de Paris. Dans la nuit du 23 au 24 juillet dernier, les enquêteurs interpellent deux hommes circulant à bord d’un véhicule volé à Créteil (Val-de-Marne). Sur eux, ils retrouvent plusieurs armes à feu. Les deux suspects préparaient semble-t-il un projet de meurtre.

En garde à vue, les deux suspects de 28 et 25 ans livrent leur identité : ils disent être tous deux affectés au « service action » de la très confidentielle Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Un service prestigieux rattaché au ministère de la Défense, responsable notamment des opérations clandestines à l’étranger, immortalisé dans la série « Le Bureau des Légendes » .

Selon nos informations, les deux hommes, militaires de statut, sont plus exactement rattachés au centre parachutiste d’entraînement spécialisé de Saran (Loiret) de la DGSE.

Un troisième suspect interpellé le 26 juillet

Le duo est soupçonné d’avoir voulu éliminer une cible mais pas dans le cadre de leurs fonctions. « C’est une tentative de règlement de comptes privée et ratée, sur une victime privée, par deux agents qui se sont lancés en solo », explique une source proche de l’enquête. Rien n’a filtré sur leur projet précis à ce stade.

Mais les deux agents ont été mis en examen pour « tentative d’homicide volontaire en bande organisée », « recel en bande organisée de vol, transport, acquisition, détention d’armes de catégorie B en réunion » et « association de malfaiteurs en vue de la commission de ces crimes et délits punis de 10 ans d’emprisonnement », ainsi que le confirme le parquet de Paris.

Un troisième suspect a été interpellé le 26 juillet et a été mis en examen pour les mêmes chefs. Le trio a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. La poursuite de l’enquête a été confiée à la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle, habilitée à enquêter sur des agents estampillés secret-défense.

Le Parisien

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