Paris : 2 militaires rattachés à la DGSE arrêtés pour un projet de meurtre crapuleux (Màj: 2 nouvelles mises en examen)

Temps de lecture : 3 minutes

07/08/2020 – Addendum :

On commence à y voir un peu plus clair dans l’affaire de tentative de meurtre dans laquelle sont impliqués deux militaires rattachés au Centre parachutiste d’entraînement spécialisé [CPES] du Service action de la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE] implanté à Cercottes [Loiret].

Le 3 août, on a appris que deux militaires avaient été mis en examen et placés en détention provisoire par le parquet de Paris pour « tentative d’homicide volontaire en bande organisée » ainsi que pour « recel en bande organisée de vol, transport, acquisition, détention d’armes de catégorie B » et « association de malfaiteurs en vue de la commission de ces crimes et délits punis de 10 ans d’emprisonnement. » Un troisième individu, travaillant dans le domaine de la « sécurité privée », a connu un sort identique pour la même affaire.

Pour rappel, le CPES étant l’un des trois sites chargé de former et d’entraîner les agents de terrain de la DGSE. Seulement, les deux militaires impliqués ne sont pas des « opérationnels » : il s’agit de militaires du rang affectés à la compagnie de commandement et de logistique [CCL] du centre de Cercottes. Pour autant, on peut supposer qu’ils aient fait l’objet d’un examen très attentif avant d’y être affectés, ne serait-ce pour l’habilitation « secret défense ».

En tout cas, cela explique pourquoi ces deux militaires se sont fait prendre comme des débutants. En effet, leur comportement suspect ayant attiré l’attention, ils ont été interpellés alors qu’ils se trouvaient à bord d’un véhicule volé, en pleine journée, devant l’immeuble de leur « cible », à Créteil. La police a alors mis la main sur une arme de poing de 9 mm, un chargeur de 12 cartouches et des couteaux en dotation au sein de l’armée. […] La voiture volée portait une fausse place d’immatriculation mal accrochée…

D’après le parquet de Paris, ils « semblaient s’apprêter à mettre à exécution un projet criminel au préjudice d’une femme âgée de 54 ans. » Le troisième individu arrêté deux jours plus tard a pu être identifié après l’examen de leurs conversations téléphoniques.

Mais ce n’est pas tout. Ce 5 août, le parquet de Paris a indiqué que deux autres individus ont également été arrêtés dans le cadre de cette affaire, les 30 et 31 juillet. Et dans le lot figure un troisième militaire rattaché au CPES de Cercottes. Selon une source judiciaire citée par l’AFP, il a été placé sous contrôle judiciaire. […]

Opex360

_________________________

03/08/2020

C’est une bien mystérieuse affaire sur laquelle enquêtent les policiers de la brigade criminelle de Paris. Dans la nuit du 23 au 24 juillet dernier, les enquêteurs interpellent deux hommes circulant à bord d’un véhicule volé à Créteil (Val-de-Marne). Sur eux, ils retrouvent plusieurs armes à feu. Les deux suspects préparaient semble-t-il un projet de meurtre.

En garde à vue, les deux suspects de 28 et 25 ans livrent leur identité : ils disent être tous deux affectés au « service action » de la très confidentielle Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Un service prestigieux rattaché au ministère de la Défense, responsable notamment des opérations clandestines à l’étranger, immortalisé dans la série « Le Bureau des Légendes » .

Selon nos informations, les deux hommes, militaires de statut, sont plus exactement rattachés au centre parachutiste d’entraînement spécialisé de Saran (Loiret) de la DGSE.

Un troisième suspect interpellé le 26 juillet

Le duo est soupçonné d’avoir voulu éliminer une cible mais pas dans le cadre de leurs fonctions. « C’est une tentative de règlement de comptes privée et ratée, sur une victime privée, par deux agents qui se sont lancés en solo », explique une source proche de l’enquête. Rien n’a filtré sur leur projet précis à ce stade.

Mais les deux agents ont été mis en examen pour « tentative d’homicide volontaire en bande organisée », « recel en bande organisée de vol, transport, acquisition, détention d’armes de catégorie B en réunion » et « association de malfaiteurs en vue de la commission de ces crimes et délits punis de 10 ans d’emprisonnement », ainsi que le confirme le parquet de Paris.

Un troisième suspect a été interpellé le 26 juillet et a été mis en examen pour les mêmes chefs. Le trio a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. La poursuite de l’enquête a été confiée à la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle, habilitée à enquêter sur des agents estampillés secret-défense.

Le Parisien